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Bruant, Aristide

Bruant, Aristide (1851-1925), chansonnier français, chantre du Paris populaire.

Né à Courtenay (Loiret), Aristide Bruant débute dans les cabarets parisiens dans les années 1870, mais c’est Le Chat noir qui fait sa gloire. Il en compose l’hymne (« Je cherche fortune, tout au long du Chat noir … »), devenu aujourd’hui une chanson populaire. Il y côtoie entre autres l’humoriste Alphonse Allais, les peintres Steinlen et Caran d’Ache, les chanteurs Mac-Nab, Jules Jouy, Paul Delmet. En 1885, il reprend le local du Chat noir, qui vient de déménager, pour y ouvrir son propre cabaret, Le Mirliton, dans lequel la bourgeoisie parisienne vient se faire copieusement insulter et où il interprète ses chansons, en particulier celles consacrées aux différents quartiers de Paris : À la Bastille, À Saint-Lazare, À Montparnasse, À la Roquette, etc. Sa silhouette (costume noir, foulard rouge, large chapeau noir et bottes) a été popularisée par une affiche de Toulouse-Lautrec qui, avec Steinlen, avait assuré la décoration du Mirliton.

Sa langue rude, riche, empruntant à l’argot et au langage populaire — il a d’ailleurs, outre plusieurs romans, publié un dictionnaire d’argot —, et ses paroles anarchisantes l’ont fait percevoir comme un chanteur socialiste. Mais, à part les Canuts, hymne aux fileurs de soie de Lyon (voir Canuts, révolte des), son œuvre et son talent ne parviennent pas toujours à masquer une certaine démagogie.