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Ferrat, Jean (1930- ), auteur, compositeur et interprète français.
Né à Vaucresson (Yvelines) sous le nom de Jean Tenenbaum, aide-chimiste de formation, Jean Ferrat débute dans les cabarets parisiens (La Rose rouge, L’Échelle de Jacob, La Colombe) au milieu des années 1950, avec un répertoire emprunté à Montand et Prévert. Il atteint la notoriété auprès du grand public en 1960 et 1961, dates d’enregistrement de son premier album, avec ses propres chansons : « Ma môme », « Deux Enfants au soleil », suivies quelques années plus tard de « Nuit et Brouillard » (1963, dédié aux déportés, dont faisait partie son père), « la Montagne » (1964), « Potemkine » (1965) ou encore « Ma France » (1969).
Une voix ample, chaude et grave, un sourire chaleureux, une envie de partager : Jean Ferrat dégage dans ses récitals une fraternité communicative, dénonçant les injustices, célébrant les lendemains qui chantent. Ses spectacles ont parfois le caractère bon enfant des meetings politiques dans lesquels les militants du Parti communiste se tiennent au coude à coude avec ceux de la CGT, bien que Ferrat n’ait jamais adhéré officiellement au PCF, même s’il en a souvent adopté certains mots d’ordre et errements. Mais lorsqu’il chante l’amour, lorsqu’il met en musique des poèmes de Louis Aragon (« le Malheur d’aimer », « Heureux celui qui meurt d’aimer », « Que serais-je sans toi ? », « Nous dormirons ensemble »), son pouvoir d’émotion est incomparable.
Au début des années 1970, après un récital triomphal au Palais des Sports de Paris, il abandonne pratiquement la scène et se retire dans sa propriété d’Ardèche, tout en continuant à écrire et enregistrer régulièrement des disques (dont l’énorme succès commercial « La femme est l’avenir de l’homme » ou « Un air de liberté », censuré en 1975 pour avoir dénoncé la guerre du Viêt Nam), qui obtiennent toujours le même succès auprès d’un public de fidèles.