| Format recherche | Gréco, Juliette | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Gréco, Juliette (1927- ), interprète et comédienne française.
Née à Montpellier, fille d’un commissaire de police, Juliette Gréco mène une enfance sans histoires, jusqu’au jour où sa mère décide de se séparer de son mari et de s’installer à Paris avec ses deux filles, Juliette et Charlotte. En 1942, sa mère et Charlotte sont déportées en Allemagne, et Juliette, qui n’a pas quinze ans, est emprisonnée à Fresnes. Finalement libérée, elle se retrouve livrée à elle-même, dans ce Paris de l’Occupation où elle ne connaît personne et où il lui faut trouver de quoi survivre.
| 2. | La muse de Saint-Germain-des-Prés |
Juliette Gréco s’oriente alors vers le théâtre et joue des petits rôles dans des pièces comme le Soulier de satin de Claudel, ou Victor ou les Enfants au pouvoir de Roger Vitrac. Pour arrondir ses fins de mois, elle fait la manche aux terrasses du Quartier latin, dont elle finit par devenir une figure familière (elle côtoie aussi bien Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir que Boris Vian, Raymond Queneau, Jean Cocteau ou Jacques Prévert), au point de symboliser la jeunesse existentialiste pour la presse de la Libération. Elle est présentée par celle-ci comme « la muse de Saint-Germain-des-Prés », au grand dam d’une bourgeoisie bien-pensante qui, le succès venu, lui reprochera longtemps sa dégaine bohème, son franc-parler, sa désinvolture, sa liberté de mœurs, son intellectualisme et son noctambulisme. Voir existentialisme ; Saint-Germain-des-Prés.
| 3. | L’emblème de la chanson « rive gauche » |
Après avoir fait ses débuts de chanteuse au Tabou, puis au Bœuf sur le toit, elle devient l’une des habituées de la Rose-Rouge, le cabaret d’Agnès Capri, où sont également révélés les talents de Mouloudji, des Frères Jacques et de Francis Lemarque. La situation géographique de ces lieux donne naissance à l’appellation de « chanson rive gauche », dont Juliette Gréco restera longtemps la représentante la plus emblématique.
Après avoir chanté Jean-Paul Sartre (« la Rue des Blancs-Manteaux »), Raymond Queneau (« Si tu t’imagines »), et même François Mauriac (« l’Ombre »), elle contribue à révéler, tout au long des années cinquante, des auteurs tels que Léo Ferré (« Jolie Môme »), Jacques Brel (« le Diable — Ça va »), Charles Aznavour (« Je hais les dimanches »), Guy Béart (« Qu’on est bien », « Il n’y a plus d’après »), ou Serge Gainsbourg (« la Javanaise », « Accordéon »).
| 4. | Une vedette populaire au répertoire exigeant |
Absente un temps des scènes — elle séjourne à Hollywood où elle se consacre au cinéma, sous la houlette du producteur Darryl Zanuck —, elle revient à la chanson en 1961, sur la scène de Bobino. Sa popularité s’accroît encore avec la diffusion, en 1965, du feuilleton télévisé Belphégor, qui, pendant un mois, tient en haleine la France entière. En 1966, elle partage la scène du TNP avec Georges Brassens et, deux ans plus tard, elle inaugure la formule des « récitals de 18 h 30 » au Théâtre de la Ville.
Consacrée vedette internationale à la suite de nombreuses tournées à l’étranger (notamment au Japon en 1981, en 1984, en 1988 et en 1991), elle apparaît comme une formidable ambassadrice de la chanson française, et triomphe à l’Olympia en 1991 et en 1993, puis au théâtre de l’Odéon en 1999, avec un répertoire toujours aussi littéraire et exigeant, récemment enrichi de ses collaborations avec des auteurs comme Allain Leprest, Étienne Roda-Gil et Jean-Claude Carrière.
Sélection discographique :