| Lautréamont, comte de | Format lecture | ||||
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| 2. | Une existence brève et mystérieuse |
Né à Montevideo, Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont, est le fils d’un chancelier du consulat de France de Montevideo. Il commence ses études chez les jésuites avant d’être envoyé en France pour préparer le concours d’entrée à l’École polytechnique, d’abord au lycée de Tarbes (1859), où le fils de son tuteur, l’avoué Jean Dazet, exerce sur lui la plus vive séduction, puis à celui de Pau (1863). Il a pour professeur de rhétorique Gustave Hinstin, futur dédicataire des Poésies. Renonçant au concours pour des raisons mystérieuses, il vient se fixer à Paris en 1867. L’année suivante, il fait paraître à compte d’auteur et sous l’anonymat le premier des six Chants de Maldoror, où le nom de Dazet apparaît avec insistance.
Le recueil complet, publié en 1869, passe totalement inaperçu. Il est signé du pseudonyme du « comte de Lautréamont », choisi par l’auteur ou plus vraisemblablement par son éditeur Albert Lacroix (l’éditeur également de Victor Hugo ou d’Émile Zola) en référence au roman d’Eugène Sue, Lautréamont. Le même accueil est réservé à ses fragments en prose (Poésies, 1870), signés pour la première fois de son vrai patronyme. « Vous savez, j’ai renié mon passé. Je ne chante plus que l’espoir », écrit-il à propos de ces Poésies dans une lettre du 21 février 1870.
Le poète meurt en novembre de la même année, à 23 ans, dans sa chambre du 7, rue du Faubourg-Montmartre, dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées. Philippe Soupault semble suggérer une piste : « Il ne paraît pas téméraire de supposer que, depuis 1869, Ducasse fréquentait les révolutionnaires. Vivant à Paris, pouvait-il se désintéresser du grand mouvement qui aboutit à la Commune ? ».