Lautréamont, comte de
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Lautréamont, comte de
4. Les Poésies

Quant aux Poésies, connues alors seulement par l’unique exemplaire de la Bibliothèque nationale, il faut attendre 1914 pour que Valery Larbaud en vante les mérites dans la Phalange. Aragon et Breton les recopient et les publient dans leur revue Littérature en 1919. Les Poésies, contrairement à ce qu’indique leur titre, ne contiennent aucun poème mais proposent une nouvelle manière de traiter la forme littéraire, renouvelant notamment le genre de la maxime, sous l’apparence d’un style désinvolte. Emporté par le flot quasi « automatique » de son débit verbal, Lautréamont s’y révèle un exceptionnel créateur de métaphores. L’exemple le plus caractéristique de cette capacité à concevoir de nouvelles images se trouve dans la série des « Beau comme … » des chants V et VI, où l’auteur supprime un des deux termes de la comparaison, atteignant à la quintessence de l’effet poétique recherché par les surréalistes. Ici comme dans les Chants de Maldoror, le lecteur, sollicité par l’apostrophe et l’incantation, est prié d’accompagner l’écrivain jusqu’aux limites extrêmes de sa création : ainsi peut-il s’effacer (« La poésie personnelle a fait son temps ») et, à l’instar de son héros Maldoror, échapper à l’humanité pour servir « les délires de la cruauté ».