Hallyday, Johnny
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Hallyday, Johnny
3. Disques d’auteurs, spectacles-défis et cinéma : le couronnement d’une carrière
1. De fructueuses collaborations

Avec le spectacle du Palais des sports, en 1982, inspiré du film d’action Mad Max, une nouvelle génération semble prête à redécouvrir l’idole des années 1960. Un tournant s’amorce avec deux disques d’auteurs, qui le font évoluer vers un rock et des mélodies plus délicats : Rock’n’roll attitude (1985), écrit et réalisé par Michel Berger (« le Chanteur abandonné » ou « Quelque chose de Tennessee ») et Gang (1986), confié à Jean-Jacques Goldman (« Je t’attends », « J’oublierai ton nom » ou « Laura », dédiée à sa fille). La trilogie d’albums d’auteurs s’achève la même année avec Cadillac, dont les textes sont signés Étienne Roda-Gil.

Dans les années 1990, une nouvelle profession de foi — Ça ne change pas un homme (1991) — écrite et composée par des artistes tels que Bryan Adams, Mort Shuman, Jon Bon Jovi, Patrick Bruel ou Chris Rea, et un album entièrement composé de musiques de son fils David — Sang pour sang (1999) — confirment la volonté de Johnny Hallyday de confronter son style à des univers musicaux différents du sien. C’est d’ailleurs encore dans cette optique qu’il convoque plusieurs paroliers et compositeurs pour la réalisation du premier double album studio de sa carrière, À la vie, à la mort (2002) ; les 23 chansons signées Gérald de Palmas, Marc Lavoine, Axel Bauer, Maxime Le Forestier ou encore le jeune Canadien Hawskley Workman (parmi une trentaine de collaborateurs au total) déclinent de nouveau le thème du héros solitaire — cher au chanteur — sur fond de rock puissant et enlevé parfaitement calibré pour la voix et la stature de Johnny Hallyday. Pour Ma Vérité (2005), il s’entoure notamment de Zazie, du groupe Kyo et des rappeurs de Ministère A.M.E.R. pour exprimer sa colère face à plusieurs « affaires » qui ont affecté sa vie professionnelle et sa vie privée.

2. Johnny, « bête de scène »

Le succès de la carrière de Johnny Hallyday tient pour une large part à l’intensité de ses prestations scéniques, qui se sont progressivement transformées en spectacles-défis donnés à la gloire d’un chanteur devenu une « institution » de la chanson française : le Zénith (1984), Bercy (1987, 1990, 1992, 1995), le Parc des Princes trois soirs de suite, pour fêter son cinquantième anniversaire (1993), Las Vegas (1996), le Stade de France (1998), l’Olympia pendant plusieurs semaines consécutives (2000) et le Champ-de-Mars (2000) pour un concert-événement « offert aux Parisiens » à l’occasion de ses quarante ans de carrière de chanteur et qui rassemble près d’un million de personnes.

3. Un acteur inattendu

Acteur dès 1954 dans les Diaboliques de Georges Clouzot — Jean-Philippe Smet n’est alors âgé que de 10 ans —, Johnny Hallyday retourne par la suite régulièrement devant la caméra, notamment dans L’aventure, c’est l’aventure (1972) de Claude Lelouch. Ce sont toutefois ses participations à Détective (1985) de Jean-Luc Godard — il entretient alors une liaison avec sa partenaire à l’écran, l’actrice Nathalie Baye — puis à Conseil de famille (1986) de Costa-Gavras qui contribuent à bouleverser son image : le chanteur viril témoigne en effet d’une sensibilité inattendue et surprend ses admirateurs. Après un David Lansky (1989, Hervé Palud) réalisé pour la télévision et plus conforme à l’habit d’homme blessé qu’il aime à endosser dans ses albums, Johnny Hallyday retrouve un premier rôle dans un film d’auteur, Love Me (2000) de Laetitia Masson. Poursuivant cette orientation artistique, il apparaît en 2002 au générique de Mischka de Jean-François Stévenin, puis il est choisi par Patrice Leconte pour incarner un truand en fin de course dans l’Homme du train : le face-à-face avec Jean Rochefort dans un huis clos privilégiant la psychologie des deux protagonistes lui permet de livrer une prestation surprenante et aboutie, récompensée par le prix Jean-Gabin 2003. La comédie policière Wanted (2003) de Brad Mirman et un épisode de la série télévisée Commissaire Moulin (2005) s’inscrivent en revanche dans un registre plus proche des personnages que le chanteur a incarnés par le passé.