| Format recherche | Salvador, Henri | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Salvador, Henri (1917-2008), auteur, compositeur et interprète français.
| 2. | L’influence du jazz et les premières compositions |
Né à Cayenne (Guyane française), Henri Gabriel Salvador se prend de passion pour le jazz, à Paris, dès l’âge de sept ans. Guitariste — il est un temps l’accompagnateur de Django Reinhardt —, chanteur d’orchestre, en particulier avec Ray Ventura et ses Collégiens, il part en tournée avec ces derniers en 1941 en Amérique latine, où il séjourne quatre ans et devient une vedette au Brésil.
De retour en France, il se fait très vite connaître avec « Clopin-clopant » (1946), « Maladie d’amour » (1950), « le Loup, la Biche et le Chevalier » (1951) ; cette dernière chanson est devenue depuis un classique sous le titre « Une chanson douce ». En 1949, l’académie Charles-Cros lui décerne son prix du disque.
| 3. | Une rencontre décisive : Boris Vian |
Sa rencontre avec Boris Vian, la même année, est décisive : les deux complices écrivent des chansons caustiques, sur des rythmes de blues ou de rock (« Rock and roll mops », « le Blues du dentiste », « Faut rigoler »). Après la mort de Boris Vian, avec lequel il a composé plusieurs centaines de chansons, Henri Salvador crée une maison d’édition musicale (Disques Salvador), puis un label (Rigolo), sous lequel paraissent quelques-uns de ses plus beaux succès (« Le lion est mort », « Syracuse »).
| 4. | Henri Salvador, homme de spectacles |
Henri Salvador poursuit parallèlement sa carrière d’amuseur public, à la fois dans ses chansons (« Minnie, petite souris » en 1963, « Zorro est arrivé » en 1964, « Le travail, c’est la santé » en 1965) et dans des émissions de télévision très populaires (y compris aux États-Unis, où son talent d’homme de scène séduit les critiques). Il est en particulier pendant des années le « spécialiste » du spectacle du 31 décembre, comprenant paillettes, rires (le sien est inimitable) et chansons.
Tout au long des années 1960 et 1970, le talent de l’auteur et du musicien est reconnu et apprécié, et Henri Salvador jouit d’une grande popularité, notamment auprès des enfants, pour lesquels il met en musique les Fables de Jean de La Fontaine et réalise plusieurs grands shows télévisés.
| 5. | Une figure majeure de la chanson française |
De la fin des années 1970 au milieu des années 1990, Henri Salvador ne publie que trois albums (les Canotiers en 1978, Henri en 1985 et Des goûts et des couleurs en 1989), mais continue à se produire régulièrement sur scène. Il reçoit par ailleurs le Grand Prix de l’humour décerné par la Sacem en 1987 et la Légion d’honneur en 1988. Présent au festival de Montreux en 1991 et sur la scène du Petit Journal Montparnasse (célèbre club de jazz parisien) en 1993, il publie l’année suivante l’album Monsieur Henri (1994) et une autobiographie, Attention ma vie. Il est lauréat du prix d’honneur des Victoires de la musique en 1996.
Chambre avec vue (2000) marque un tournant dans la carrière d’Henri Salvador. Écrit pour partie par deux jeunes espoirs de la chanson française (Benjamin Biolay et Keren Ann), l’album se vend à deux millions d’exemplaires et paraît aux États-Unis sous le prestigieux label de jazz Blue Note Records ; Henri Salvador est en outre récompensé par le prix d’honneur de l’Académie Charles-Cros et atteint l’apogée de sa popularité. Un nouveau départ est possible, comme en témoigne la chanson « J’ai vu » : « J’ai cru être au bout de l’aventure, mais mon cœur lui me murmure qu’il y a tant de rêves à vivre encore ». Ma chère et tendre (2003) égraine pour sa part des mélodies douces aux inspirations jazz et latino-américaines composées par le chanteur, tandis que les paroles, à la fois légères et empreintes de nostalgie, sont signées Guy Béart ou Maurice Pon, anciens auteurs d’Henri Salvador.
Révérence (2006) rend pour sa part hommage au Brésil et à sa musique : Henri Salvador y chante notamment deux duos avec Caetano Veloso et Gilberto Gil. Puis le spectacle Henri Salvador tire sa révérence (décembre 2007, à Paris) dresse le bilan de soixante ans de carrière et constitue la dernière apparition du chanteur sur scène, quelques semaines avant sa mort.