Mirbeau, Octave
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Mirbeau, Octave
2. Des prises de position déroutantes

Né à Trévières (Calvados), Octave Mirbeau passe ses jeunes années dans un milieu étouffant. Il est élevé « dans le plus parfait abrutissement » dans un collège de jésuites dont il est finalement renvoyé. Cette expérience lui inspire plus tard un roman autobiographique, Sébastien Roch (1890). Il commence des études de droit, qu’il interrompt à cause de son engagement en tant que lieutenant pendant la guerre de 1870. Après la débâcle, il est d’abord accusé de désertion avant d’être lavé de tout soupçon.

En 1872, à Paris, il devient critique d’art et de théâtre pour un journal bonapartiste, l’Ordre, et rédige des éditoriaux politiques à fort relent réactionnaire. En 1883, après s’être fait renvoyer du Figaro, il dirige un hebdomadaire satirique, monarchiste et antisémite à l’existence éphémère, les Grimaces. Ses pamphlets dénoncent des scandales de toute sorte et les politiciens corrompus. Mirbeau se présente tour à tour comme un nostalgique de la monarchie ou un partisan du césarisme. Ses opinions lui valent de nombreux reproches, ainsi que quelques duels.

En 1891, Octave Mirbeau opère une sorte de conversion politique : il prend fait et cause pour l’anarchisme, qui est pour lui un « idéal social ». Il soutient Ravachol, écrit dans des journaux libertaires et soutient financièrement les militants anarchistes. Devenu anticlérical et antimilitariste, il s’engage dans un nouveau combat qui mobilise toute son énergie dès 1894 : aux côtés d’Émile Zola, il prend la défense de Dreyfus.