Prévert, Jacques
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Prévert, Jacques
3. Une poésie de la vraie vie

Les textes poétiques de Prévert, composés en vers libres, restent longtemps non publiés. Le recueil Paroles (1946) fait découvrir au grand public ces compositions au langage et au merveilleux empruntés à la vie de tous les jours, où le rêve se mêle à l’humour. C’est le succès. Nombre d’entre eux, sur la musique de Joseph Kosma, deviendront des chansons très populaires interprétées par Juliette Gréco, Yves Montand ou encore les Frères Jacques. « Les Feuilles mortes », chanson du film les Portes de la nuit, est peut-être la plus célèbre d’entre elles.

Ayant pris ses distances avec les débats théoriques et directement politiques, Prévert n’en reste pas moins le défenseur des pauvres et des opprimés, avec une générosité sans faille. Son hostilité à toutes les forces d’oppression sociale se traduit dans ses attaques pleines d’humour autant que de vigueur contre les hommes de pouvoir et les institutions en général. Son sens de l’image insolite et sa gouaille populaire lui inspirent une poésie sortie de sa tour d’ivoire, destinée à tous les publics et ancrée dans les sentiments de la vie quotidienne. Elle invite le lecteur à se fier au pouvoir de la « parole » pour accéder au bonheur, individuel et collectif. Histoires (1946), Spectacle (1951), la Pluie et le Beau Temps (1955) sont autant de recueils où l’amour, la liberté, l’imagination sont des thèmes récurrents. Il pratique aussi des collages (Fatras, 1966 ; Choses et autres, 1972 ; Hebdromadaires, 1972), où le mot-valise joue un rôle essentiel. Il continue, à la fin de sa vie, à se consacrer à son activité de parolier (Cinquante chansons Prévert-Kosma, posthume, 1977). Il a également laissé des textes pour les enfants (Contes pour enfants pas sages, posthume, 1977 ; Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied, posthume, 1985).