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Bresson, Robert

Bresson, Robert (1901-1999), réalisateur français, auteur de treize films, dans lesquels il s’est attaché à communiquer (par une démarche de totale et rigoureuse ascèse) ce qui dans les êtres ou dans les choses échappe à une attention ordinaire.

Né à Bromont-Lamothe (Puy-de-Dôme), Robert Bresson pratique la peinture et la photographie avant de tourner un moyen métrage burlesque interprété par le clown Beby, les Affaires publiques (1934). Mais sa carrière cinématographique débute réellement avec les Anges du péché (1943), une oeuvre d’inspiration chrétienne à l'esthétique recherchée, coécrite avec le révérend père Bruckberger, moine dominicain, et Jean Giraudoux.

Il réalise ensuite une adaptation de Diderot que Jean Cocteau a mise en dialogues, les Dames du Bois de Boulogne (1945), film qui, même s’il ne convainc pas le grand public, marque toutefois profondément une certaine critique d’avant-garde et les futurs auteurs de la Nouvelle Vague. Ce film place d'emblée Bresson parmi les grands créateurs de sa génération, évidence que confirme, avec une magique sobriété, la transposition cinématographique du roman de Georges Bernanos : le Journal d'un curé de campagne(1951).

À partir d’Un Condamné à mort s'est échappé (1956), Bresson cesse de faire appel à des comédiens professionnels, préférant employer des non-comédiens qu’il surnomme ses « modèles », et s'attache à exploiter une forme sobre, rigoureuse, aux limites de l'abstraction mais cependant poétique, dans laquelle les gestes, les regards et le son revêtent une importance extrême, comme le démontre Pickpocket (1960), son chef-d'œuvre.

Fidèle à ce style très personnel, il pousse encore plus loin l'ascèse avec son Procès de Jeanne d'Arc (1962), puis joue de la métaphore comme d'un apologue dans Au hasard Balthazar (1966) et revient sublimer Bernanos dans Mouchette (1967).

C’est la thématique torturée de Dostoïevski (crime, culpabilité, châtiment et grâce) qui irrigue ses films suivants : Une femme douce (1969) et Quatre nuits d'un rêveur (1972).

Après avoir tourné un remarquable Lancelot du lac (1974), il entreprend une interrogation sévère de son époque et analyse, à sa manière, le mal de vivre qui dévore la jeunesse contemporaine dans le Diable probablement (1977). Son ultime film : l'Argent (1983), d'après Tolstoï, offre une magnifique synthèse de toute son œuvre cinématographique.