| Gallimard, Gaston | Format lecture | ||||
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| 2. | Les débuts d’un dilettante |
Né à Paris, Gaston Gallimard est issu d’une riche famille dont les membres ont le loisir de se consacrer à des activités artistiques. Son père, collectionneur de tableaux et propriétaire de théâtres, est très lié à Renoir et aux frères Goncourt.
Élève au lycée Condorcet, où il devient l’ami de Roger Martin du Gard, Gaston Gallimard interrompt ses études avant le baccalauréat et, s’il est quelque temps le secrétaire du vaudevilliste Robert de Flers, il mène surtout la vie nonchalante d’un jeune esthète, passionné de musique et de théâtre, lorsque, en 1911, les fondateurs de la Nouvelle Revue française (N.R.F.) lui proposent de devenir leur gérant.
Créée deux ans plus tôt par un groupe d’amis réunissant André Gide, Jean Schlumberger, Henri Ghéon, Jacques Copeau et Michel Arnauld, la revue a pour ambition de refléter l’esprit de la jeune génération littéraire tout en assurant la promotion d’une critique de qualité ; très vite, ses fondateurs conçoivent le projet d’adjoindre à la revue un « comptoir » d’éditions, que Gaston Gallimard est chargé d’organiser.
Le 31 mai 1911, André Gide, Jean Schlumberger et Gaston Gallimard créent les éditions de la Nouvelle Revue française, qui publie dès le mois de juin ses trois premiers titres : l’Otage de Paul Claudel, la Mère et l’Enfant de Charles-Louis Philippe, et Isabelle d’André Gide. Saint-John Perse, Roger Martin du Gard et Alain figurent aussi parmi les premiers auteurs de la maison, que Marcel Proust (dont le manuscrit passe pour avoir été refusé par Gide) ne rejoindra qu’en 1917.
En 1913, Gaston Gallimard complète ses activités en devenant l’un des propriétaires du théâtre du Vieux-Colombier qui, sous la direction de Jacques Copeau, entend défendre « les manifestations d’un art dramatique nouveau ».