Gallimard, Gaston
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Gallimard, Gaston
4. Les temps difficiles

Fermée dès le début de l’Occupation, la Librairie Gallimard, suspecte aux yeux des autorités allemandes, ne peut rouvrir qu’à condition de signer la convention de censure et de porter Pierre Drieu La Rochelle, très lié à Otto Abetz, à la tête de la Nouvelle Revue française. Gallimard publie Ernst Jünger et des classiques allemands, et la Revue accueille des articles de collaborateurs notoires comme Alphonse de Châteaubriant, Alfred Fabre-Luce ou Abel Bonnard.

Prudent, avant tout soucieux de faire vivre sa maison, Gaston Gallimard s’emploie à éviter de froisser l’occupant, sans pour autant cautionner l’extrémisme de Drieu La Rochelle qui jouit, de fait, d’une large autonomie, alors que plusieurs collaborateurs de la maison (comme Jean Paulhan ou Dyonis Mascolo) s’engagent dans la Résistance. À la Libération, si la Librairie Gallimard est traduite en justice, comme toutes les maisons d’édition ayant gardé une activité officielle pendant l’Occupation, seule la Nouvelle Revue française se voit interdire de paraître, sanction qui ne sera levée qu’en 1953. Entre-temps, la Librairie Gallimard a protégé les débuts des Temps modernes, la revue de Sartre et Aron, qui passe chez Juillard en 1948, à la suite de désaccords avec Malraux.