| Vitrac, Roger | Format lecture | ||||
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| 3. | Des spectacles novateurs |
Aux côtés d'Antonin Artaud, il fonde pour « satisfaire aux exigences les plus extrêmes de l'imagination et de l'esprit » le théâtre Alfred-Jarry (1926-1930) qui fait son ouverture sur une représentation de Ventre brûlé ou la Mère folle (Antonin Artaud) au théâtre de Grenelle. Ses rapports avec les surréalistes se distendent et il est exclu du groupe, en même temps qu’Antonin Artaud, à la fin des années 1920.
Sur le ton de la parodie, voire de la provocation, Roger Vitrac poursuit en solo son exploration de l’inconscient, élaborant une œuvre aérienne, tantôt classique dans son expression, tantôt résolument moderne mais toujours nourrie d’énigmes.
Ainsi, plusieurs de ses pièces, créées au théâtre Alfred-Jarry — comme les Mystères de l'amour (1927), drame à trente-huit personnages, mélange d’ironie et d’érotisme, ou Victor ou les Enfants au pouvoir, satire corrosive du conformisme bourgeois montée à la Comédie des Champs-Élysées en 1928 par Artaud et Vitrac lui-même — passent communément pour des chefs-d'œuvre du théâtre surréaliste. À partir de 1931, il devient journaliste pour pouvoir continuer à mener sa carrière de dramaturge et mieux explorer le burlesque de ses mondes en dislocation.
En effet, entre comédies de boulevard et tragédies intimes, ses pièces sont beaucoup plus que de simples curiosités ; elles mettent à mal les principes d’ordre et d’unité incompatibles avec la « logique » des abîmes irrationnels. En outre, prenant le parti de la coexistence radicale du cocasse et de l’horrible, il « décroche » vite, sur la scène de l’Histoire littéraire, le rôle de précurseur du théâtre de l’absurde.