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Marais, Jean

Marais, Jean (1913-1998), acteur figurant parmi les plus grands mythes du cinéma français, dont la carrière s’étend du cinéma le plus littéraire et le plus poétique jusqu’au film d’aventures et de cape et d’épée.

Né à Cherbourg, Jean Alfred Villain-Marais, s’oriente rapidement vers une carrière de comédien, sous le nom de Jean Marais. Ses premiers rôles, au théâtre et au cinéma, ne peuvent lui faire accéder au statut de jeune premier, auquel son physique viril et romantique lui permet pourtant de prétendre. Sa rencontre avec Jean Cocteau en 1937 est déterminante : très lié à l’écrivain, il crée sur les planches les rôles principaux des Chevaliers de la Table ronde (1937), des Parents terribles (1938), de la Machine à écrire (1943) et de l’Aigle à deux têtes (1946), puis, au cinéma, ceux de la Belle et la Bête (1946), de l’Aigle à deux têtes (1948), des Parents terribles (1949) et d’Orphée (1950).

Héros dynamique et séducteur, il incarne le Comte de Monte-Cristo (Robert Vernay, 1955), le Capitaine Fracasse (Pierre Gaspard-Huit, 1961), le Bossu (André Hunebelle, 1959), puis, à trois reprises, Fantômas (André Hunebelle, 1964-1966). Il est également l’interprète principal de l’Éternel retour (Jean Delannoy, 1943), de l’Appel du destin (Georges Lacombe, 1953), du Guérisseur (Yves Ciampi, 1954), de Futures Vedettes (Marc Allégret, 1955), du Gentleman de Cocody (Christian-Jaque, 1965) et de nombreux autres films, notamment sous la direction de Jean Renoir (Elena et les Hommes, 1956), de Luchino Visconti (Nuits blanches, 1957) et de Bernardo Bertolucci (Beauté volée, 1996).

L’âge venant, il s’est fait plus rare à l’écran, mais a offert toutefois de belles prestations à de jeunes cinéastes comme Willy Rameau (Lien de parenté, 1986) ou Jérôme Foulon (les Enfants du naufrageur, 1992), sans toutefois négliger ses premières amours, le théâtre (après la Maison du lac d’Eric Thompson en 1986, où il retrouve sa partenaire de l’Aigle à deux têtes, Edwige Feuillère, il joue en 1997 dans l’Arlésienne d’Alphonse Daudet aux Folies-Bergère). Acteur chaleureux, mais également sculpteur et potier, Jean Marais a toujours fait preuve d’une joie de vivre et d’une vitalité débordantes.