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L’apogée du « style Pialat » : exigence, vérité et polémique |
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La route vers la consécration |
Loulou (1980) constitue une étape décisive dans la carrière de Maurice Pialat : d’une part, il fait la connaissance de Daniel Toscan du Plantier (1941-2003), qui va devenir son producteur « fétiche » ; d’autre part, il dirige deux jeunes vedettes du cinéma français, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu, dans une histoire d’amour impossible entre un loubard et une petite bourgeoise. À nos amours (1983) est couronné par le césar du meilleur film, connaît un triomphe public et permet la découverte de Sandrine Bonnaire dans le rôle d’une adolescente indomptable, à la fois révoltée et rêveuse ; Maurice Pialat (également acteur) y décortique l’éclatement de la cellule familiale et impose une mise en scène et une direction d’acteurs peu orthodoxes privilégiant l’improvisation, dévoilant ainsi un lien de parenté avec le cinéma de l’Américain John Cassavetes. Malgré son statut d’œuvre de commande et la présence de « stars » confirmées au générique — Sophie Marceau, Richard Anconina et de nouveau Gérard Depardieu —, Police (1985) fonctionne selon des principes déjà éprouvés par le réalisateur. Sur une idée originale de Catherine Breillat, ce dernier décrit le quotidien ennuyeux, parfois sordide, d’un commissariat parisien et s’attache à la relation ambiguë qu’un inspecteur entretient avec une prostituée, petite amie d’un trafiquant de drogues.
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L’incompréhension |
Sous le soleil de Satan (1987), adaptation du roman de Georges Bernanos qui s’inscrit dans la lignée du Journal d’un curé de campagne (1950) de Robert Bresson, est une œuvre à part dans la filmographie de Maurice Pialat, principalement en raison du thème abordé — la foi chrétienne et ses corollaires, le doute et la peur du Mal —, puisque le filmage et la « manière » ne dérogent pas au souci de naturalisme et de vérité qui préside à l’œuvre du cinéaste depuis ses débuts.
Habités par leurs personnages respectifs, Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire et Maurice Pialat délivrent chacun une prestation impressionnante. Toutefois, si le film est récompensé par la palme d’or au festival de Cannes, son réalisateur doit affronter les quolibets lors de la cérémonie de remise des prix, auxquels il adresse une réponse en forme de provocation, confirmant et aggravant ainsi l’incompréhension dont il a souvent été victime.
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