Châtelet, théâtre du
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Châtelet, théâtre du
2. Les premières années : un théâtre éclectique

Construit en 1862 par l'architecte Gabriel Davidoud, le Théâtre impérial du Châtelet est alors, avec ses 2 500 places et une scène de 24 × 35 m, le plus grand théâtre de Paris. Il se distingue dès les premières années par des qualités acoustiques remarquables, grâce à ses parquets, ses sièges en bois et une coupole de verre permettant la réflexion des sons. La visibilité est également excellente, cependant réduite par les nombreuses colonnettes. Ses machineries demeurent longtemps uniques au monde ; le théâtre possède également d’importants moyens en effets spéciaux et pyrotechniques et attire un public nombreux avec des genres à grand spectacle comme les féeries et les drames militaires. En 1863, le célèbre acteur Frédérick Lemaître y joue Don César de Bazan. Suivent de nombreuses pièces et adaptations d’Alexandre Dumas, d’Émile Zola ou d’Eugène Sue. Le théâtre présente aussi le Tour du monde en quatre-vingts jours d'après Jules Verne, créé en 1876, et Michel Strogoff, créé en 1880, qui reviennent régulièrement à l’affiche.

Le Théâtre du Châtelet joue également un rôle important dans la vie musicale française avec, à partir de 1873, les concerts Colonne — au cours desquels sont données en création la plupart des œuvres majeures de la fin du XIXe et du début du XXe siècle —, et à partir de 1906, les légendaires « saisons » mises en place par Gabriel Astruc. En 1907 a lieu la création française de Salomé de Richard Strauss. En 1910, Claude Debussy crée le Martyre de saint Sébastien. La même année, le Châtelet propose une saison italienne avec Arturo Toscanini et le Metropolitan Opera de New York, ainsi que le grand Caruso se produisant notamment dans I Pagliacci et Aïda.

Dans le domaine de la danse, 1909 est l’année de la première saison des Ballets russes de Diaghilev, pour le Châtelet. Puis, de retour en 1911, les Ballets russes y présentent notamment le Spectre de la rose et Petrouchka, interprétés par Nijinski, dans une chorégraphie de Fokine. Diaghilev y propose la saison suivante Daphnis et Chloé, l’Oiseau de feu et le Prélude à l’après-midi d’un faune. En 1917, les Ballets russes y présentent Parade.