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Le déclin des Italiens |
Leurs comédies, joyeuses et moqueuses, plaisent au public, mais leurs satires fâchent Louis XIV, qui les chasse de l’Hôtel de Bourgogne en 1697, à la demande de Madame de Maintenon, après leur représentation de la Fausse Prude, pièce impudemment dirigée contre elle. « Cela fit grand bruit, et, si ces comédiens y perdirent leur établissement par leur hardiesse et leur folie, celle (Madame de Maintenon) qui les fit chasser n’y gagna pas, par la licence avec laquelle ce ridicule événement donna lieu d’en parler », raconte le futur duc de Saint-Simon dans ses Mémoires. Une partie de la troupe dissoute se reconvertit dans le théâtre forain. Cependant, grâce au Régent Philippe d’Orléans, qui invite en 1716 la troupe de Luigi Riccoboni (1675-1753), la Comédie-italienne se reconstitue. Le nouveau Théâtre-Italien est composé de proches de Luigi Riccoboni (son épouse, son beau-frère et sa femme Silvia, très aimée du public) mais peu à peu aussi d’acteurs de l’ancienne troupe. Dans les années 1720, ils renouvellent leur style en favorisant un nouveau répertoire français ; ils jouent notamment Marivaux (Arlequin poli par l’amour, 1720). En 1762, ils s’installent à l’Opéra-Comique, mais la commedia dell’arte s’essouffle, malgré les tentatives de Carlo Goldoni pour la raviver. Les Comédiens-Italiens continuent néanmoins à exercer une grande influence sur le théâtre français, notamment sur l’œuvre de Molière et sur la Comédie-Française.
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