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| 4. | Renouveau du jonglage depuis les années 1970 |
Depuis les années 1970, le jonglage connaît un renouveau spectaculaire, aux États-Unis comme en Europe, où chaque année des milliers d’amateurs s’initient à cet art ; cette popularité féconde par rebonds une pratique professionnelle.
Le jonglage, avec l’avènement du « nouveau cirque», prend une nouvelle dimension. Quelques caractéristiques se dégagent : l’abandon du chapiteau pour un dispositif frontal, et l’abandon du numéro basé sur la virtuosité, pour préférer des formes moyennes ou longues. Jérôme Thomas, avec Extraballe, créé en 1990, marque véritablement la naissance du « théâtre jonglé » : minimalisme (jonglage avec une seule balle), usage du second rebond, jonglage à la fois en l’air et au sol, improvisation avec les musiciens. Jérôme Thomas crée une discipline à la croisée de la danse contemporaine et du jonglage, le « jonglage cubique », qui unit la manipulation d’objets et la gestuelle corporelle dans un « ballet jonglé » — comme en témoigne sa pièce Rain/Bow (2006). La génération suivante renonce ainsi à la virtuosité pure pour préférer la création d’un spectacle « total », où les artistes peuvent explorer de nouveaux univers et tisser des liens avec la danse, le théâtre, ou d’autres arts du cirque comme le clown, l’acrobatie, le mime, etc.
Au milieu des années 1980, une méthode de notation du jonglage inventée par des mathématiciens américains, le siteswap, permet de transcrire les figures de jonglage, et d’imaginer de nouveaux gestes en testant leur faisabilité. Denis Paumier, jongleur-chercheur qui se pose à l’opposé du théâtre jonglé, est l’un des premiers en France à l’exploiter, notamment dans Contrepoint (2004), une pièce écrite graphiquement avant d’être réalisée.