| Format recherche | Odéon-Théâtre de l'Europe | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Odéon-Théâtre de l'Europe, théâtre public de Paris, scène nationale, appelée à favoriser la création théâtrale européenne ainsi que les échanges entre artistes.
| 2. | Une naissance mouvementée |
Le théâtre de l’Odéon est édifié entre 1779 et 1782, et doit à l’origine accueillir la troupe de la Comédie-Française. L’inauguration a lieu en 1782, mais c’est la création du Mariage de Figaro, de Beaumarchais, en présence de la reine Marie-Antoinette, qui marque véritablement la naissance du nouveau théâtre, en 1784. Lors de la Révolution française, une partie de la troupe part pour le Palais-Royal (l’actuelle Comédie-Française), tandis que les comédiens restants baptisent leur salle Théâtre de la Nation, puis Théâtre Égalité (en 1794), et enfin Odéon (en 1796), en référence à la Grèce antique (littéralement « construction destinée à des concours musicaux »). Reconstruit après un incendie en 1799, puis en 1819, le théâtre survit vaille que vaille aux changements de régimes politiques et de directeurs, aux nombreuses troupes qui s’y succèdent — on le surnomme un temps le « Théâtre omnibus ». Marqué par les débuts de Sarah Bernhardt en 1886, puis par la direction d’André Antoine (1906-1913), le théâtre retrouve de son éclat et de son prestige au tournant du xxe siècle.
| 3. | L’épanouissement de la mise en scène et l’ouverture au monde |
Après la Première Guerre mondiale, la direction du théâtre est assurée par Firmin Gémier ; celui-ci entreprend des travaux de modernisation (suppression de la rampe, nouveau jeu d’orgue électrique) et ouvre le répertoire aux pièces d’auteurs vivants, ainsi qu’aux auteurs étrangers. Dans les années 1930, le bâtiment est profondément rénové. Fermé en 1944, le théâtre de l’Odéon rouvre après-guerre, mais est placé sous la responsabilité de la Comédie-Française. C’est en 1959, avec la nomination de Jean-Louis Barrault à sa tête, et l’arrivée de sa compagnie Renaud-Barrault (dont la devise affirme « Poursuivre le Beau sans se dérober au Difficile »), que le théâtre de l’Odéon (rebaptisé Théâtre de France) renoue avec la fréquentation du public et la qualité de ses mises en scène, avec notamment les créations françaises de Rhinocéros d’Eugène Ionesco en 1960, et Oh les beaux jours de Samuel Beckett, avec Madeleine Renaud en 1963. La création en 1966, dans une mise en scène de Roger Blin, des Paravents de Jean Genet, avec Madeleine Renaud et Maria Casarès, fait scandale par son propos résolument anticolonialiste ; seule l’intervention du ministre de la Culture André Malraux permet d’éviter la censure, mais les subventions du théâtre sont supprimées. La salle du Petit-Odéon est inaugurée au début de l’année 1967 avec deux textes de Nathalie Sarraute. Durant les évènements de Mai 68, Jean-Louis Barrault permet aux étudiants d’occuper le théâtre durant un mois, ce qui lui coûte sa place — et occasionne d’importants dégâts dans le théâtre.
En septembre 1971, le théâtre de l’Odéon est consacré théâtre national, avec pour objectif « la création et la recherche afin de favoriser le progrès de l’esthétique théâtrale nationale et mondiale ». La direction est assurée par Pierre Dux jusqu’en 1977, puis par Jean-Pierre Miquel. Giorgio Strehler y présente pour la première fois en 1977 son Arlequin, serviteur de deux maîtres, de Carlo Goldoni, spectacle emblématique du Piccolo Teatro de Milan.
| 4. | L’ouverture au monde |
En 1983, l’institution du théâtre de l’Odéon est invitée à accueillir six mois par an le Théâtre de l’Europe, fondé par le ministre de la Culture Jack Lang, et par Giorgio Strehler (directeur du théâtre de l’Europe jusqu’en 1988), afin de développer la coproduction de pièces européennes en langue originale et d’accueillir les productions des troupes européennes comme le Piccolo Teatro de Milan ou le théâtre de la Taganka de Moscou. Un nouveau décret, en 1986, propose l’administrateur de la Comédie-Française comme directeur de l’Odéon. Antoine Vitez notamment assure la direction du théâtre jusqu’en 1990, année où le théâtre de l’Odéon fusionne avec le Théâtre de l’Europe et se dote d’un directeur propre — direction assurée par Lluis Pasqual jusqu’en 1996. Sous la direction de Georges Lavaudant (à partir de 1996), l’Odéon-Théâtre de l’Europe entame une importante rénovation (2003-2006), et occupe pendant ce temps les ateliers Berthier, dans le XVIIe arrondissement de Paris. En avril 2006, l’Odéon rouvre ses portes, tout en conservant les ateliers Berthier comme deuxième salle.