Odéon-Théâtre de l'Europe
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Odéon-Théâtre de l'Europe
3. L’épanouissement de la mise en scène et l’ouverture au monde

Après la Première Guerre mondiale, la direction du théâtre est assurée par Firmin Gémier ; celui-ci entreprend des travaux de modernisation (suppression de la rampe, nouveau jeu d’orgue électrique) et ouvre le répertoire aux pièces d’auteurs vivants, ainsi qu’aux auteurs étrangers. Dans les années 1930, le bâtiment est profondément rénové. Fermé en 1944, le théâtre de l’Odéon rouvre après-guerre, mais est placé sous la responsabilité de la Comédie-Française. C’est en 1959, avec la nomination de Jean-Louis Barrault à sa tête, et l’arrivée de sa compagnie Renaud-Barrault (dont la devise affirme « Poursuivre le Beau sans se dérober au Difficile »), que le théâtre de l’Odéon (rebaptisé Théâtre de France) renoue avec la fréquentation du public et la qualité de ses mises en scène, avec notamment les créations françaises de Rhinocéros d’Eugène Ionesco en 1960, et Oh les beaux jours de Samuel Beckett, avec Madeleine Renaud en 1963. La création en 1966, dans une mise en scène de Roger Blin, des Paravents de Jean Genet, avec Madeleine Renaud et Maria Casarès, fait scandale par son propos résolument anticolonialiste ; seule l’intervention du ministre de la Culture André Malraux permet d’éviter la censure, mais les subventions du théâtre sont supprimées. La salle du Petit-Odéon est inaugurée au début de l’année 1967 avec deux textes de Nathalie Sarraute. Durant les évènements de Mai 68, Jean-Louis Barrault permet aux étudiants d’occuper le théâtre durant un mois, ce qui lui coûte sa place — et occasionne d’importants dégâts dans le théâtre.

En septembre 1971, le théâtre de l’Odéon est consacré théâtre national, avec pour objectif « la création et la recherche afin de favoriser le progrès de l’esthétique théâtrale nationale et mondiale ». La direction est assurée par Pierre Dux jusqu’en 1977, puis par Jean-Pierre Miquel. Giorgio Strehler y présente pour la première fois en 1977 son Arlequin, serviteur de deux maîtres, de Carlo Goldoni, spectacle emblématique du Piccolo Teatro de Milan.