| Format recherche | Venise, festival de | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Venise, festival de, en italien Mostra internazionale d’arte cinematografica, plus ancienne manifestation annuelle de cinéma, créée en Italie en 1932.
À l’instar des festivals de Cannes et de Berlin, le festival de Venise est l’une des compétitions cinématographiques les plus importantes et les plus prestigieuses au monde.
| 2. | Un festival sous influence politique |
Créé en 1932 par le gouvernement dirigé par Benito Mussolini, le festival de Venise constitue dans un premier temps la « vitrine artistique » du pouvoir en place : la « coupe Mussolini » attribuée aux meilleurs films étrangers et italiens est ainsi associée, jusqu’en 1942, à quelques films allemands ou nationalistes tels que Scipion l’Africain (Scipione l’Africano, 1937) de Carmine Gallone et le Siège de l’Alcazar (l’Assedio dell’Alcazar, 1940) d’Augusto Genina.
| 3. | Le cinéma d’auteur à l’honneur |
| 1. | Les sélections |
Interrompu de 1943 à 1946, le festival de Venise décerne à partir de 1947 le grand prix international récompensant le meilleur film, puis le lion d’or à partir de 1949. Consécutivement aux évènements de Mai 68, la dimension compétitive et les récompenses disparaissent de la manifestation, de 1969 à 1972. À partir de 1974, la direction du festival (sous l’impulsion de Giacomo Gambetti puis de Carlo Lizzani) décide d’ouvrir la programmation à des cinématographies méconnues, notamment originaires d’Europe de l’Est ; parallèlement, des rétrospectives d’envergure sont organisées, et une place est faite au cinéma expérimental. En 1980, le lion d’or est réintroduit et le festival reprend son cours normal. Il témoigne depuis d’un attachement particulier à la valorisation du cinéma d’auteur dont il est l’un des principaux lieux de promotion.
À l’occasion de l’édition 2001 de la Mostra, deux nouvelles sélections voient le jour : Cinéma du présent (Cinema del presente) privilégie les premiers films et une veine dite « commerciale », tandis que Nouveaux territoires (Nuovi territori) explore un cinéma plus expérimental.
| 2. | Du cinéma occidental… |
Le palmarès du festival de Venise d’après-guerre est marqué par une place de choix accordée aux cinéastes occidentaux : figurent ainsi parmi les lauréats les Italiens Roberto Rossellini (récompensé en 1959), Michelangelo Antonioni (1964) et Luchino Visconti (1965), les Français René Clément (1952), Alain Resnais (1961), Louis Malle (1980 et 1987), Jean-Luc Godard (1983), Agnès Varda (1985) et Éric Rohmer (1986), le Danois Carl Dreyer (1955), l’Espagnol Luis Buñuel (1967), les Britanniques Tom Stoppard (1990) et Neil Jordan (1996), mais également le Russe Andreï Tarkovski (1962), le Yougoslave Emir Kusturica (1981) et le Polonais Krzystof Kiešłowski (1993).
Toutefois, seuls deux réalisateurs américains dits « d’avant-garde » ont été primés : John Cassavetes (1980) et Robert Altman (1993).
| 3. | …aux cinémas du monde |
Outre les auteurs occidentaux, le festival de Venise a également célébré les cinéastes asiatiques : les Japonais Akira Kurosawa (1951) et Hiroshi Inagaki (1958), mais également l’Indien Satyajit Ray (1957). Plus encore, de 1989 à 2006, 7 réalisateurs originaires de Chine — Hou Hsiao-hsien (1989), Zhang Yimou (1992 et 1999) et Jia Zhangke (2006) —, de Taïwan — Tsai Ming-Liang (1994) —, du Japon — Takeshi Kitano (1997) —, d’Iran — Jafar Panahi (2000) — et d’Inde — Mira Nair (2001) — ont été récompensés par le lion d’or. La Mostra semble ainsi confirmer la nouvelle géographie du cinéma mondial, dont l’épicentre créatif ne se situe plus exclusivement en Europe ou aux États-Unis, mais également en Orient.
Les éditions 2002, 2003, 2004 et 2005 nuancent toutefois cette tendance en récompensant deux films britanniques (The Magdalene Sisters de Peter Mullan en 2002 et Vera Drake de Mike Leigh en 2004), une première œuvre russe (le Retour d’Andreï Zvyaginstev en 2003) et un film américain (Brokeback Moutain du Taïwanais installé aux États-Unis Ang Lee en 2005).