| monarchie de Juillet | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 2. | Des « Trois Glorieuses » au nouveau régime |
Lorsqu’éclate la Révolution de juillet 1830, la bourgeoisie d’affaires, qui a souhaité le renversement des Bourbons, nourrit la plus grande méfiance à l’égard d’une solution républicaine : elle prend de vitesse les insurgés parisiens pour imposer le duc d’Orléans, homme qui leur semble capable de garantir au mieux un compromis écartant à la fois le spectre de la monarchie absolue et l’ombre sanglante des excès révolutionnaires. Le 9 août 1830, le duc d’Orléans — lieutenant général du royaume depuis l’abdication de Charles X (31 juillet) — est proclamé roi, sous le nom de Louis-Philippe Ier. Néanmoins, avant de le reconnaître, les députés exigent qu’il renonce à la monarchie de droit divin (« roi de France ») et accepte que sa fonction relève d’un lien contractuel avec la nation (« roi des Français »).
Louis-Philippe prête serment sur la Charte constitutionnelle de 1830. Révision de la Charte de 1814, celle de 1830 émane d’un compromis entre les aspirations des monarchistes libéraux et les attentes des républicains engagés dans les « Trois Glorieuses ». En effet, les constituants se sont heurtés aux revendications républicaines exprimées dans les grandes villes, et aux légitimistes qui dénoncent l'usurpation orléaniste et ne reconnaissent que le comte de Chambord, « Henri V » choisi par Charles X , comme héritier légitime de la couronne.
L’héritage constitutionnel de 1814 comprend donc le maintien du bicamérisme et du suffrage censitaire, et la nature monarchique de l'État. En revanche, la référence à l’Ancien Régime est désormais abandonnée ; le gouvernement par ordonnances est supprimé au profit d’un partage du pouvoir législatif entre les Chambres et le roi ; la presse est libérée de toute censure ; le corps électoral est élargi grâce à l’abaissement du cens (ce qui permet un accroissement du rôle politique et électif des notables locaux) ; le drapeau tricolore est adopté ; le catholicisme n’est plus la religion d’État, mais celle de la majorité des Français ; enfin, la pairie n’est plus héréditaire.