| monarchie de Juillet | Format lecture | ||||
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| 3. | Confiscation de la révolution par les notables |
Depuis les Tuileries, le « roi citoyen » Louis-Philippe présente la Constitution et les pouvoirs qu’elle lui confère comme la traduction de son idéal d’une monarchie bourgeoise. À ses yeux, l’abaissement du cens et l’ouverture du recrutement de la Garde nationale soulignent cette passation entre une monarchie traditionnelle et un régime monarchique inspiré des conquêtes révolutionnaires.
Néanmoins, si le texte constitutionnel adopté suppose une libéralisation du régime, la France reste assujettie à une monarchie. La Constitution traduit cette vision limitative du gain de liberté que la grande majorité des députés, effrayés par une solution républicaine, se sont empressés de ratifier. Et l’ambiguïté constitutive du nouveau pouvoir pèse évidemment sur la nature du débat politique : le roi, associé aux députés « notables », confisque rapidement la révolution pour réinstaurer un régime conservateur.
S’inscrivant toutefois dans une même perspective conservatrice et caractérisés par un recrutement bourgeois excluant du jeu politique les forces démocratiques et populaires, deux courants principaux s’affrontent sur l’échiquier politique. Le parti dit du « Mouvement » entend se fonder sur les libertés acquises pour moderniser la France, instaurer des réformes audacieuses et aider les peuples en luttant pour leur indépendance (notamment les Grecs, les Polonais, les Belges et les Italiens). C’est le parti d’Adolphe Thiers et d’Armand Carrel, renforcé par la Révolution de 1830. De leur côté, le parti de la « Résistance » et ses affidés refusent toute réforme : ils sont prêts à recourir à la force pour endiguer les mouvements politiques ou sociaux déstabilisateurs.