monarchie de Juillet
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monarchie de Juillet
4. L’illusion libérale

Dans un premier temps, pour ne pas décevoir les espoirs des républicains, des bonapartistes et de la majorité de la classe politique, Louis-Philippe impulse une libéralisation du régime. Après l’intermède d’un gouvernement de coalition « Mouvement/Résistance » (août-novembre 1830), il nomme Jacques Laffitte, membre du parti du Mouvement, à la présidence du Conseil. Mais l’agitation républicaine menace et le roi opte pour les conservateurs en appelant Casimir Perier en mars 1831. Désormais aux Affaires, la Résistance fait sensiblement basculer le régime dans l’ère des persécutions politiques : répression des Canuts de Lyon en novembre 1831, ou des républicains parisiens en juin 1832.

Après la mort de Casimir Perier en mai 1832, Louis-Philippe s’implique davantage dans les affaires et charge le duc de Broglie de former un cabinet comprenant François Guizot et Adolphe Thiers. La monarchie s’engage dans les voies d’un conservatisme croissant ponctué de crises ministérielles (hiver 1834-1835). Les opposants manifestent. Regroupés derrière la duchesse de Berry et son fils, le comte de Chambord, les légitimistes contestent à Louis-Philippe son titre royal et tentent vainement un rétablissement des Bourbons (juin-novembre 1832). Les républicains, pour leur part, déclenchent de nombreuses insurrections : les plus violentes, à Lyon et Paris entre février et avril 1834, débouchent sur la sanglante répression de la rue Transnonain, le 15 avril 1834. La popularité de Louis-Philippe faiblit et le roi est la cible de plusieurs attentats, notamment ceux de Fieschi le 28 juillet 1835, et de Meunier et d’Alibaud en 1846.

La répression politique redouble, contre les saint-simoniens (procès d’août 1832) et contre les républicains (procès d’avril 1835). Eugène Cavaignac, Armand Carrel, Garnier-Pagès, Louis Blanc, Auguste Blanqui et Armand Barbès exigent vainement par voie de presse des réformes faisant du peuple un acteur politique (suffrage universel), une personne investie de dignité (gratuité de l’enseignement) et ayant droit à la liberté d’expression (liberté de la presse). En effet, la presse repasse, dès avril 1834, sous la coupe d'une sévère censure. En outre, les mouvements socio-politiques continuent d’être réprimés dans le sang, comme à Paris en mai 1839, lors de l’insurrection de la Société des saisons fomentée par Barbès et Blanqui.

Mais la répression ne réussit pas à endiguer l’agitation. De même, à la suite de la tentative d’attentat de Fieschi sont promulguées des lois de censure facilitant la répression des républicains : instaurées par le ministre de l’Intérieur Adolphe Thiers en septembre 1835, elles interdisent toute revendication de républicanisme, renforcent la censure de la presse, font de l’offense au roi un délit (dans une période où Louis-Philippe est abondamment caricaturé par la presse) et menacent de la justice toute action jugée subversive.