coup d'État du 18 brumaire an VIII
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coup d'État du 18 brumaire an VIII
3. Une conjoncture favorable

Ce coup d’État doit ponctuellement son succès au sang-froid du frère de Bonaparte : Lucien sait à la fois le protéger et faire intervenir la troupe dans les meilleures conditions ; ainsi, Napoléon Bonaparte a évité de justesse une agression des Cinq-Cents, outrés de la teneur des événements du 19 brumaire.

Il doit également son succès à l’absence de toute résistance politique cohérente : les directeurs sont alors divisés, Barras se retirant pour éviter tout problème ; les Jacobins n’ont pas su (ou pas pu) reconstituer les puissants réseaux de 1793 ; les monarchistes, enfin, demeurent indécis sur la conduite à adopter.

Alors que le pays est frappé par une grave crise économique (à la fois monétaire, agricole, industrielle et sociale), la nation, enthousiasmée par les victoires à l’étranger des armées françaises, voit en Bonaparte l’incarnation même du génie français, d’autant que les généraux Hoche et Joubert viennent de mourir.

Napoléon Bonaparte sait profiter de cette conjoncture pour s’emparer du pouvoir, en brandissant tout à la fois le drapeau de la France victorieuse et la promesse d’un retour rapide à la paix. Son coup d’État du 18 brumaire an VIII ouvre l’ère napoléonienne.