| Champ-de-Mars, fusillade du | Format lecture | ||||
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| 4. | Les conséquences de la fusillade |
De fait, soucieux de préserver le régime modéré (favorable aux notables fortunés) mis en place depuis 1789, les députés ont refusé dans leur majorité les thèses démocrates et républicaines auxquelles cette vaine tentative a donné une grande popularité.
Traduisant une irréversible fracture entre les révolutionnaires, la fusillade du 17 juillet 1791 a de multiples conséquences : la presse fait immédiatement l’objet d’une censure et de poursuites extrêmement sévères — notamment les feuilles de Jean-Paul Marat, l’Ami du peuple, et de Nicolas de Bonneville, la Bouche de fer, qui ont relayé les pétitionnaires ; les républicains et, au-delà, les démocrates sont arrêtés en nombre — ce qui radicalise leurs positions, tandis que l’Assemblée relève le cens électoral et interdit toute possibilité de réviser la Constitution. Des meneurs de 1789 aussi célèbres que Jean Sylvain Bailly et le marquis de La Fayette ont perdu toute audience dans le Paris populaire, et le club des Jacobins connaît une scission dont va sortir le très modéré club des Feuillants.
Après la fuite à Varennes, la fusillade du Champ-de-Mars est le deuxième événement important qui permet l’émergence d’un sentiment républicain au sein du peuple révolutionnaire.