journée du 10 août 1792
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journée du 10 août 1792
2. D’un contexte agité à « la patrie en danger »

Depuis la déclaration de guerre d’avril 1792, la France est envahie de toutes parts par une coalition des monarchies européennes ; le manifeste du duc de Brunswick, publié le 25 juillet, a maladroitement placé le roi dans le camp des traîtres en menaçant Paris de « subversion totale » si la famille royale est maltraitée par les révolutionnaires. De surcroît, la situation économique est catastrophique et des émeutes frumentaires éclatent, notamment à Paris et à Carcassonne.

Le 11 juillet 1792, l’Assemblée législative déclare « la patrie en danger », et la levée en masse des volontaires amène à Paris de nombreux et ardents patriotes. Furieux de l’incapacité suspecte des généraux souvent issus de l’ancienne armée monarchique, les patriotes sont très influencés par la propagande républicaine véhiculée par le club des Jacobins dominé par Maximilien de Robespierre et par une presse révolutionnaire incisive marquée par les journaux de Jean-Paul Marat (l’Ami du peuple) et de Jacques Hébert (le Père Duschesne) ; une effervescence générale agite les 48 sections parisiennes de la Commune de Paris. Depuis la suspension du maire, le très populaire Jérôme Pétion, les sections ont, par des députations de plus en plus agressives envoyées à la Législative, clairement annoncé leur souhait d’une transformation institutionnelle.

Un directoire secret est constitué le 29 juillet, en dehors du contrôle des Jacobins ou des grands ténors révolutionnaires, par les plus décidés des révolutionnaires parisiens (Santerre, Lazowski, Westermann). Le 3 août, 47 sections sur 48 demandent à l’Assemblée la déchéance du roi, demande réitérée trois jours plus tard.