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Bousquet, Joë

Bousquet, Joë (1897-1950), écrivain français qui, dans l’ensemble de son œuvre, profondément poétique, fit de la littérature l’instrument de son salut spirituel.

Après une adolescence passée à Narbonne, Joë Bousquet fut mobilisé lors de la Première Guerre mondiale. Gravement blessé sur le front en 1918, il demeura paralysé et passa le reste de sa vie alité, à Carcassonne, où il se mit à écrire.

Malgré son infirmité, Bousquet noua de solides amitiés tant masculines que féminines, dont il nous reste des correspondances suivies. Certaines ont été publiées, telles ses Lettres à Poisson d’or (posthumes, 1967) ou ses Lettres à Jean Cassou (posthumes, 1970).

Lié aux intellectuels de son temps, Joë Bousquet était l’ami du philosophe Louis-Claude Estève, de certains écrivains surréalistes, notamment de Paul Éluard, ou encore de Jean Paulhan.

De sa retraite forcée, Bousquet écrivit romans, poésie, essais et journaux intimes (Traduit du silence, 1941). Ses textes, empreints de spiritualité et d’onirisme, reflètent des influences diverses : celles du romantisme, faisant parfois référence à Novalis, et du symbolisme, mais aussi celles, plus modernes, du surréalisme.

Son style ciselé, son travail méticuleux sur le rythme de la phrase sont ceux d’un poète, quel que soit le genre abordé. Au fil de son œuvre, Bousquet fit de son infirmité un destin, identifiant sa vie à son projet littéraire ; il prétendit faire de sa blessure le cœur de sa vision du monde, la possibilité de sa propre réalisation intérieure. Outre Une passante bleue et blonde (récit, 1934), le Mal d’enfance (récit, 1936), la Connaissance du soir (poésie, 1945), le Meneur de lune (récit, 1946), on peut citer encore, parmi ses écrits, le Sème-Chemin (posthume, 1969), l’Homme dont je mourrai (posthume, 1974).