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Présentation |
Clerc, Julien (1947- ), compositeur et interprète français.
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Faux départ |
Né à Paris, Paul-Alain Leclerc, dit Julien Clerc, connaît une enfance bourgeoise entre un père haut fonctionnaire à l’Unesco et une belle-mère férue de musique. Pianiste depuis l’âge de six ans, c’est en classe de terminale, au lycée Lakanal de Sceaux, qu’il compose ses premières chansons et rencontre Maurice Vallet, son premier parolier. En 1966, il fait une seconde rencontre d’auteur, décisive, celle d’Étienne Roda-Gil.
Paul-Alain Leclerc se retrouve très vite propulsé sur le devant de la scène : auditionné chez Pathé-Marconi, il fait forte impression grâce à sa voix au vibrato exceptionnel. Dès 1968, devenu Julien Clerc, il enregistre « la Cavalerie ». Le disque sort en mai et passe régulièrement sur les ondes ; mais les journalistes étant en grève, personne n’annonce le nom du chanteur, qui reste ignoré du public. Faux départ, donc.
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Du mouvement hippie à la variété |
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L’impact de la comédie musicale Hair |
Avec sa voix tendue, son image néoromantique et ses chansons aux riches arrangements, Julien Clerc détonne dans la production d’une époque finissante, celle du yé-yé. Il semble même ouvrir une voie, en harmonie avec les bouleversements du printemps 1968. Ce que confirme, l’année suivante, sa participation à la comédie musicale hippie Hair — l’un des plus éclatants succès des années 1960 —, dont le refrain d’une des chansons fait office de mot d’ordre : « Laissons, laissons entrer le soleil… ».
Entre-temps, Julien Clerc fait une tournée avec Adamo, passe à l’Olympia en première partie du spectacle de Gilbert Bécaud et publie « Yann et les dauphins ». En décembre 1970, après un deuxième album, il repasse à l’Olympia, en vedette cette fois.
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Le « chanteur pour dames » |
Enregistrant un album par an en moyenne, Julien Clerc ressent bientôt le besoin de faire épauler Maurice Vallet et Étienne Roda-Gil par d’autres auteurs. En 1976, il fait appel à Jean-Loup Dabadie et à Maxime Le Forestier pour l’album À mon âge et à l’heure qu’il est. En 1978, c’est « Ma préférence », un titre du même Jean-Loup Dabadie, qui lui permet de dépasser, pour la première fois, les 400 000 exemplaires vendus d’un même disque. Si l’esprit frondeur qui soufflait sur les premières chansons a fait place à une variété plus classique, le succès, lui, est bien au rendez-vous.
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Changements de cap |
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L’appel du rock |
La rupture avec Étienne Roda-Gil intervient en 1980. Julien Clerc éprouve alors un impérieux besoin de renouvellement, qui se traduit par un changement de maison de disques doublé d’une radicale réorientation de style. Les succès qui s’accumulent semblent lui donner raison et, en flirtant avec le rock, sous la houlette du Canadien Luc Plamondon (« Lily voulait aller danser », « la Fille aux bas Nylon », « Cœur de rocker »), il touche un public plus jeune. En 1984, après l’énorme succès de « Mélissa », il est le premier chanteur à se produire au Palais omnisports de Paris-Bercy.
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Le retour à la tradition mélodique |
Fais-moi une place (1990), puis Utile (1992) et Julien (1997), qui marquent ses retrouvailles avec Étienne Roda-Gil, permettent à Julien Clerc de revenir progressivement à une tradition mélodique — et romantique — qui a fait son succès. Si j’étais elle (2000) contient plusieurs chansons écrites par le mannequin Carla Bruni, puis Studio (2003) est un hommage aux standards de la musique américaine écrits dans les années 1930 et 1940 par Cole Porter ou George Gershwin et interprétés par Frank Sinatra, Billie Holiday ou Nat King Cole ; Julien Clerc y reprend notamment « Night and Day » ou « Fly Me To the Moon » en collaboration avec des musiciens de jazz tels que les guitaristes Bireli Lagrene et Philip Catherine ou l’harmoniciste Toots Thielemans. Double enfance (2005) est pour sa part dédié au fidèle parolier Étienne Roda-Gil, décédé en 2004 ; Maxime Le Forestier, Jean-Loup Dabadie et Carla Bruni figurent également parmi les auteurs de l’album.
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