Renaud
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Renaud
2. Renaud, porte-parole des loubards et de la banlieue

Né à Paris, petit-fils de mineur et fils d’enseignant, Renaud Séchan — Renaud à la scène — quitte le lycée après Mai 68. Il se lie avec Coluche et Romain Bouteille, fait quelques apparitions dans des feuilletons télévisés, égrène dans les rues des chansons issues du répertoire populaire, puis débute à la Pizza du Marais avec ses propres œuvres.

Vêtu façon Gavroche — pantalon à carreaux, casquette, foulard rouge et mégot aux lèvres —, Renaud interprète sur un ton gouailleur, avec l’accent parigot, quelques brûlots parmi lesquels « Hexagone » (extrait du premier album, Amoureux de Paname, 1975), chanson dans laquelle il dresse un long réquisitoire contre la société française. Il change ensuite de « look » : sur la pochette de son deuxième album, Laisse béton (1977), il porte jeans, perfecto et santiags. Utilisant l’argot, il remet à la mode le verlan (interversion des syllabes), manie l’ironie et s’attaque à toutes les valeurs « bourgeoises ».

Considéré alors comme le porte-parole des « loubards » et des jeunes de banlieue, Renaud est un artiste populaire qui s’engage politiquement, sans pour autant faire l’apologie de la violence comme le prétendent ses détracteurs. Sous ses airs de casseur, il porte sur le monde un regard plein de tendresse et d’humour. Éternel adolescent, sa critique s’appuie sur la dérision, créant un univers auquel s’identifie facilement son jeune public (« Ma gonzesse », extrait de l’album éponyme paru en 1979). Ses concerts se jouent à guichets fermés et son succès est un véritable phénomène de société.