| Renaud | Format lecture | ||||
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| 3. | La métamorphose d’un artiste controversé |
Dès 1980 et Marche à l’ombre, Renaud perfectionne ses chansons — à l’image de « It Is Not Because You Are », écrite en « franglais » (mélange de français et d’anglais) — et son style évolue vers une démarche plus intérieure qu’ouvertement critique et revendicatrice. Le ton est plus serein, plus intime également, caustique à l’occasion, comme en témoignent le Retour de Gérard Lambert (1981), Morgane de toi (1983) et son tube « Dès que le vent soufflera », Mistral gagnant (1985), qui contient un vigoureux pamphlet contre Margaret Thatcher, « Miss Maggie », Putain de camion (1988) ou encore Marchand de cailloux (1991).
L’orientation prise par Renaud séduit un large public, mais s’apparente trop à une recette calculée selon certaines critiques, qui décèlent un manque de spontanéité, voire d’honnêteté, dans ce chemin menant de l’ombre de la vie de bohème à la lumière du succès commercial et de la reconnaissance publique.
Marginal à ses débuts, Renaud est devenu incontournable, et sa réussite suscite de véhémentes polémiques auxquelles il met un terme en prenant du recul par rapport à sa propre carrière de chanteur : dirigé par Claude Berri, il incarne Étienne Lantier dans Germinal (1993) aux côtés de Gérard Depardieu notamment, puis il rend un vibrant hommage à l’anticonformisme de son « maître » Georges Brassens (Renaud chante Brassens, 1996), qu’il entend ainsi faire découvrir aux jeunes générations. Renaud connaît ensuite une période difficile sur le plan personnel et quitte provisoirement le devant de la scène.