| Format recherche | Arias, Alfredo | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Arias, Alfredo (1944- ), homme de théâtre argentin inventif, éclectique et prolixe, metteur en scène de théâtre et d'opéra, réalisateur de cinéma, pédagogue, directeur du Centre dramatique national d'Aubervilliers de 1985 à 1991.
| 2. | De Buenos Aires à Paris |
Né à Buenos Aires, Alfredo Arias suit des études de théâtre à l'Alliance française de sa ville natale. Il monte son premier spectacle, Dracula, en 1966. À vingt-quatre ans, il fonde à Buenos Aires le TSE, troupe avec laquelle il arrive à Paris en 1970. D'emblée, ses créations associent fantastique, féerie et humour, cocktail que l'on retrouve dans la littérature argentine.
| 3. | Théâtre, music-hall, opérette, opéra… |
En 1970, Arias met en scène Eva Perón, une pièce de Copi, dramaturge d'origine argentine qui devient son auteur de prédilection. Quand il n'écrit pas lui-même ses spectacles, comme Luxe (1973), Vingt-Quatre Heures (1975), Notes (1976), il aime les créer en collaboration avec d'autres artistes : avec Kado Koster, il écrit Trio (1982), Sortilèges (1983), Fuegos (1987), Familles d'artistes (1989). Arias travaille par coup de cœur, s'intéressant aussi bien au théâtre qu'au music-hall (Fous de folies, 1993), à l'opérette (la Veuve joyeuse, 1982), et même à l'opéra qu'il désacralise et popularise gaiement (The Rake's Progress de Stravinski [1992], le Songe d'une nuit d'été de Britten [1995], ainsi que les Mamelles de Tirésias, les Contes d’Hoffmann, les Indes galantes, et plus récemment la Corte del Faraon [1999] et le Barbier de Séville [1999]). Attiré par les univers esthétiques où souffle un vent de fantaisie et de merveilleux, il aime fréquenter Goldoni, Marivaux, Shakespeare, Maeterlinck (l'Oiseau bleu, 1988).
Une adaptation de Balzac, les Peines de cœur d'une chatte anglaise (1977) le révèle vraiment au public. Pour cette pièce jouée plus de trois cents fois, les acteurs portent des masques d'animaux d'une grande beauté. La Bête dans la jungle d'Henry James, adapté par Marguerite Duras, est une autre réussite qui réunit en 1981 Sami Frey et Delphine Seyrig.
| 4. | Humour, fantasmes, nostalgie |
Dans Mortadela, qui lui vaut le Molière du meilleur spectacle musical en 1993, il revisite son enfance argentine dans un spectacle nourri de réalisme, d'images fantasmées, d'humour et de nostalgie. La même année, il crée une revue pour les Folies-Bergères, Fous de Folies. En 1996, dans la parodie musicale Faust argentin, où il retrouve les planches comme comédien, l'esprit de l'Argentine est présent comme dans tous ses spectacles. En 1999, il interprète et met en scène le Frigo et la Femme assise de Copi au Théâtre national de Chaillot, puis crée Peines de cœur d’une chatte française, en collaboration avec Marilú Marini (héroïne des Peines de cœur d’une chatte anglaise de 1977), sur un texte inspiré d’un conte de l’éditeur Hetzel (publié sous le nom de P. J. Stahl) écrit en collaboration avec René de Ceccatty, et une musique originale de Luigi di Filippi. Dans cette comédie musicale où alternent textes parlés et chantés, les comédiens-chanteurs sont affublés de masques conçus par le spécialiste mondial de masque nô, Erhard Stiefel. En 2001, il met en scène les Bonnes de Jean Genet au théâtre de l’Athénée, spectacle dans lequel il se travestit et interprète lui-même le rôle de Madame, masqué, le corps entièrement recouvert d’un bas couleur chair. Familier de la représentation des rêves et des fantasmes, il se montre ici maître dans le cauchemar et la cérémonie funèbre.
Il a publié des Mémoires imaginaires (1997).