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Hossein, Robert
1. Présentation

Hossein, Robert (1927- ), acteur, metteur en scène et auteur français spécialisé dans les superproductions théâtrales populaires.

2. Théâtre et cinéma

Né à Paris, Robert Hosseinoff, dit Robert Hossein, ne rencontre d’abord qu’un succès limité comme auteur de théâtre (les Voyous, 1949 ; Responsabilité limitée, 1954). En tant qu’acteur, il joue au théâtre en 1949 dans Haute Surveillance de Jean Genet et incarne au cinéma de nombreux personnages, pour la plupart des rôles de méchants ou de tourmentés (le Repos du guerrier de Roger Vadim, 1962 ; Angélique, marquise des anges de Bernard Borderie, 1964). Il réalise douze films parmi lesquels Les salauds vont en enfer (1955) et Toi, le venin (1959), tirés des romans noirs de Frédéric Dard, ainsi que les Misérables (1982), adaptation de l’œuvre de Victor Hugo.

Soucieux de rendre le théâtre accessible à tous, il prend — à la faveur de la décentralisation — la direction du Centre dramatique national de Reims (fonction qu’il occupe de 1971 à 1978), où il met notamment en scène Roméo et Juliette de Shakespeare (1977) et les Bas-Fonds de Maxime Gorki, spectacle repris en 1992.

3. Un goût pour l’épique et les grandes aventures humaines

Robert Hossein retourne ensuite à Paris pour jouer et monter des productions au palais des Sports, de la Porte de Versailles ou au palais des Congrès, deux salles à la mesure de ses mises en scène qui dénotent un goût certain pour le gigantisme. La plupart de ses spectacles réunissent pas moins d’une centaine de participants sur le plateau. Robert Hossein affectionne le spectaculaire au service d’un « théâtre de masse », les visions épiques, les bons sentiments, les effets spéciaux, en accord avec son tempérament naïf et passionné. Malgré une critique parfois pincée et réticente, ses spectacles trouvent un écho favorable auprès d’un public nombreux : près de 250 000 spectateurs se sont déplacés pour le Cuirassé Potemkine ; 450 000 pour Danton et Robespierre et 800 000 pour Un homme nommé Jésus. En 1999, il présente au palais des Congrès à Paris Celui qui a dit non, écrit par Alain Peyrefitte et Alain Decaux, fresque de cinquante tableaux qui retrace le combat de Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale.

Si des mises en scène comme Pas d’orchidée pour Miss Blandish ou Ouragan sur le Caïne de Herman Wouk (1996) ressortent d’un genre différent, Robert Hossein choisit cependant la plupart du temps des textes et des sujets d’envergure qui se prêtent au grand spectacle : les Misérables (1980) et Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, Jules César de Shakespeare (1985), Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand (1990), la Liberté ou la mort (1988), l’Affaire du courrier de Lyon. En septembre 2000, Robert Hossein s’est vu confier la direction artistique du théâtre Marigny par François Pinault, le nouveau propriétaire de l’établissement depuis février 2000.