| Kantor, Tadeusz | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 3. | Le groupe Cricot 2 |
De retour vers le théâtre, Tadeusz Kantor réalise plusieurs scénographies dans lesquelles il adopte notamment les espaces nus et s’inspire du constructivisme. En 1955, il fonde le groupe Cricot 2 (anagramme de to cryk, « le cirque »), qu’il dirige jusqu’à sa mort, et auquel collaborent des peintres et des hommes de théâtre. Ses spectacles se caractérisent par une véritable désintégration du langage : les acteurs ne disent pas un texte intelligible, mais marmonnent des vocables littéralement insignifiants et errent sur scène comme des fantômes.
Tadeusz Kantor propose alors les manifestes sur le « théâtre informel » et sur « les emballages ». En 1963, il présente le Fou et la Nonne (Wariata i zakonnicę) de Stanislaw Witkiewicz qu'il considère comme « un partenaire à l'intérieur de sa démarche créatrice », et dont le sens du grotesque, le comique noir et grinçant sont en parfaite résonance avec son art. Dans le Manifeste du théâtre zéro publié parallèlement, il porte un éclairage sur son travail : il prône le jeu « en sourdine » des acteurs, rompt avec les sentiments, dépouille les mots de leur sens. En 1967, il présente la Poule d’eau (Kurkę Wodną), du même Witkiewicz, où les acteurs, comme emballés dans des costumes faits de sac et de corde, se fondent dans une masse de valises. La période des emballages (le Grand Emballage — Krzesto ambalaz) et des happenings (la Leçon d’anatomie d’après Rembrandt — Lekcja anatomii wedlug Rembrandta —, 1968) se clôt sur la publication du Manifeste 70 (Manifest 70), qui prône la création d’œuvres d’art dénuées de sens et de substance, donc impossibles à « consommer ».