Fortuny, Mariano
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Fortuny, Mariano
2. Les premières années

Né à Grenade, Mariano Fortuny y Madrazo est le fils du peintre Mariano Fortuny y Marsal. Élevé à Paris, auprès de son oncle, le portraitiste mondain Raymundo de Madrazo, il est en contact avec des peintres en vogue, comme James Tissot, Jean Léon Gérôme ou Giovanni Boldini. Il fréquente l’atelier du peintre Benjamin-Constant, où il s’initie à la peinture et à la gravure. En 1889, sa famille s’installe au palais Martinengo de Venise, et Fortuny s’inscrit à l’Académie tout en copiant les maîtres anciens pour perfectionner son dessin. Il entreprend également de photographier la ville et constitue une collection de plus de cinq mille plaques photographiques, groupées par thème.

Passionné par les problèmes de scénographie (voir Théâtre), grand admirateur de Wagner, il entreprend dans les années 1890 une réflexion sur la mise en scène et sur les éclairages de théâtre : conscient des nouvelles possibilités offertes par la substitution de l’électricité à l’éclairage au gaz, il porte ses recherches sur la lumière indirecte, et propose de remplacer les ciels tendus au-dessus des scènes de théâtre par une coupole d’un blanc mat, propre à réfléchir et à diffuser la lumière. Il fait breveter son invention en 1901.

À partir de 1903, il collabore avec le metteur en scène suisse Adolphe Appia pour réaliser la rénovation du théâtre privé de la comtesse de Béarn, rue Saint-Dominique à Paris, où la coupole qu’il a imaginé est inaugurée en 1906. Appelé à Berlin l’année suivante par la firme AEG pour adapter son système en Allemagne, il se lie avec le metteur en scène Max Reinhardt, directeur du Deutsches Theater, pour lequel il dessine les costumes de Lysistrata, ainsi qu’avec Hugo von Hofmannsthal. Son système de coupole est encore adopté, en 1922, à la Scala de Milan. Fortuny est amené par la suite à réaliser la scénographie des Maîtres chanteurs (Rome, 1933), ainsi que les costumes pour l’Othello, d’Orson Welles (1947, adapté au cinéma en 1952).