Fortuny, Mariano
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Fortuny, Mariano
3. La reconnaissance internationale

Dès les années 1906-1907, Fortuny, lié avec le couturier français Paul Poiret, commence à mener des recherches sur les étoffes et sur le vêtement. S’inspirant de la Grèce antique, il réalise les modèles Delphos. Ces robes-fourreaux réalisées, à la différence du chiton ionien, en pongé de soie, à forme droite, sont constituées d’une seule pièce. Elles sont maintenues sur le corps par des lacets coulissants, pour lesquelles il invente un procédé destiné à conserver leur plissé intact. Il dessine également des tuniques de gaze, parfois brodées de perles, des manteaux caftans coupés dans du velours imprimé, des vestes d’inspiration médiévale et Renaissance, des robes reprenant la forme des djellabas ou des burnous. En marge des évolutions de la mode, il reste fidèle à une silhouette droite, ignorant autant les artifices destinés à souligner la taille et la poitrine que les innovations du style « garçonne » introduites après la Première Guerre mondiale.

Indissociables de son travail sur le vêtement, ses recherches sur les techniques d’impression des textiles, l’amènent à créer un répertoire très personnel, portant aussi bien sur les motifs (renaissants, coptes, byzantins, arabes, persans, japonais ou chinois) que sur la teinture, les couleurs naturelles permettant fréquemment de conférer aux tissus employés un aspect vieilli.

Possédant un magasin à Paris, rue Pierre-Charron, ainsi que des succursales à Londres, à New York, à Madrid, en Suisse et en Pologne, il est le couturier attitré d’Isadora Duncan, d’Eleonora Duse et de Sarah Bernhardt. Il sera célébré par Gabriele D’Annunzio, par Paul Morand et surtout par Marcel Proust qui, dans À la recherche du temps perdu, en a fait le couturier de la duchesse de Guermantes et d’Albertine. L’écrivain évoque « les robes de Fortuny, fidèlement antiques mais puissamment originales [qui] faisaient apparaître comme un décor [...] la Venise tout encombrée d’Orient où elles auraient été portées ».

Installé à partir de 1899 au palais Orfei, campo San Beneto, Fortuny lègue sa résidence et l’ensemble de ses collections à la ville de Venise, qui a établi un musée portant son nom.