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Lanvin, Jeanne
1. Présentation

Lanvin, Jeanne (1867-1946), couturière française. Créatrice de l’une des grandes maisons parisiennes, elle est la première à étendre le concept de couture à une clientèle masculine et enfantine.

2. Les premiers modèles

Fille d’un journaliste et l’aînée de onze enfants, Jeanne Lanvin est née à Paris. Elle entre en apprentissage à quinze ans chez une modiste, puis ouvre en 1885 son premier atelier de mode. Créatrice de chapeaux, elle habille sa fille Marie-Blanche et passe ainsi peu à peu à la couture. Avant 1914, elle a déjà conquis une importante clientèle, mais c’est surtout dans les années 1920 que sa maison, qui compte jusqu’à 1 200 employés, connaît son développement le plus important. Établie à Paris, rue Boissy-d’Anglas et rue du Faubourg-Saint-Honoré, elle possède alors plusieurs succursales en France et deux à l’étranger (Madrid et Buenos Aires).

Novatrice à bien des égards, Jeanne Lanvin crée, dès 1926, un département pour hommes, Lanvin Tailleur Chemisier, confié à son frère Maurice Lanvin, qui se spécialise aussi dans la confection d’habits brodés pour ambassadeurs et pour académiciens. Elle met également sur pied un département de décoration, dirigé par Armand Rateau, qui réalise le décor et l’ameublement de son hôtel, 16, rue Barbet-de-Jouy.

3. Le style Lanvin

Caractérisé par l’importance accordée aux broderies, réalisées dans ses ateliers personnels (et dont les dessins font référence aussi bien à des motifs du XVIIIe siècle qu’à la botanique ou au folklore), aux entrelacs de passementerie et, plus tard, aux sequins (qui venaient, par exemple, agrémenter des pièces en forme de plastron sur le devant de certaines robes), ses modèles sont reconnaissables à leur taille basse (parfois rembourrée pour accentuer le volume des hanches) et à l’amplitude de la jupe. Lanvin crée aussi des modèles de plage, notamment des pyjamas en satin, et des pantalons larges, portés avec un chandail.

En 1925, Jeanne Lanvin lance son premier parfum, My Sin (« Mon Péché »), suivi en 1927 d’Arpège, créé par André Fraysse, et dont le flacon, orné d’une boule noire d’Armand Rateau, porte un dessin stylisé de Paul Iribe, représentant une mère et son enfant — allusion aux débuts de la maison Lanvin. D’autres parfums ont suivi (Scandal, 1931 ; Rumeur, 1934 ; Prétexte, 1937 ; Crescendo, 1960, ainsi que des parfums pour hommes) ; à partir de 1935, la division parfums est confiée à Yves Lanvin, neveu de la fondatrice.

Personnalité du monde de la couture, plusieurs fois désignée pour représenter la mode française aux expositions internationales, Jeanne Lanvin a dessiné également de nombreux costumes pour le théâtre et pour le cinéma, habillant entre autres Cécile Sorel, Yvonne Printemps et Arletty (notamment dans les Enfants du paradis, Marcel Carné, 1945).

À sa mort, sa fille Marie-Blanche prend les rênes de la maison, assistée de son cousin Jean Gaumont-Lanvin, puis de Daniel Gorin. Elle appelle Antonio Canovas del Castillo à la direction artistique. À partir de 1958, Yves Lanvin, assisté de sa femme et de sa fille, reprend la maison, avec l’assistance de Jules-François Crahay pour la création. Après le départ de ce dernier, en 1984, Maryll Lanvin, directrice du prêt-à-porter féminin depuis 1981, signe les collections de haute couture de 1985 à 1989. Elle est relayée à partir de 1990 par Claude Montana, puis par Ocimar Versolato. Dominique Morlotti prend la direction de l’ensemble du secteur prêt-à-porter en 1992.