Paquin, Jeanne
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Paquin, Jeanne
3. L’esprit moderne

Si l’inspiration de Jeanne Paquin puise largement dans le passé (elle est, par exemple, la première à relancer une ligne Empire, peu après 1900, puis à interpréter somptueusement le style japonisant, alors très en vogue), elle sait également s’adapter aux évolutions de l’époque, proposant notamment un modèle de tailleur avec jupe plissée, adapté à ce qu’elle appelle la « civilisation du métro » ou, à la veille de la Première Guerre mondiale, une robe intermédiaire entre le tailleur et le costume flou, permettant à la femme active de ne pas changer de tenue entre l’après-midi et le soir. Son esprit résolument moderne s’exprime encore dans sa collaboration avec Léon Bakst pour la création de costumes de théâtre, avec Paul Iribe, George Barbier et Georges Lepape pour la publication d’albums d’accessoires de robe, avec Robert Mallet-Stevens et Louis Süe pour la décoration de ses salons et de ses résidences privées.

Présidente de la chambre syndicale de la couture de 1917 à 1919, Jeanne Paquin se retire en 1920, laissant l’administration de la maison à Henri Joire, et la direction artistique à Madeleine Wallis, qui perpétue l’utilisation de la fourrure dans de nombreux modèles. Ana de Pombo la remplace en 1936, et cède la place en 1942 à Antonio Canovas del Castillo, qui signe en 1946 les costumes du film la Belle et la Bête de Jean Cocteau.

La direction de la maison revient ensuite à Colette Massignac, puis à Lou Claverie, qui sauront adapter le style des collections au « new-look » mis à la mode par Christian Dior. En 1953, la maison Paquin rachète la succursale française de Worth, mais des difficultés financières la contraignent à cesser son activité en 1956.