| Patou, Jean | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 3. | L’après-guerre |
Dans la société frivole de l’après-guerre, le couturier s’adapte aux aspirations d’une clientèle féminine tout entière gagnée au style émancipé de « la garçonne », du nom d’un roman de Victor Margueritte. Précurseur du sportswear, Patou propose des toilettes d’après-midi, des robes de plage, des tenues de golf, des robes de croisière réalisées en jersey, à motifs géométriques ou cubistes, déclinées en quelques couleurs, comme le beige, une couleur de prédilection. On lui doit également le célèbre Patou blue ou encore le dark daliah.
Créateur pour la championne Suzanne Lenglen d’une tenue de tennis (jupe plissée de soie blanche, cardigan en maille et bandeau dans les cheveux), Patou dessine aussi, pour ses clientes célèbres (les reines de Roumanie et de Serbie, l’actrice Louise Brooks, la chanteuse Joséphine Baker), des robes du soir brodées et ornées de perles.
Considérant sa démarche comme un tout, Jean Patou travaille également dans le domaine des accessoires et n’hésite pas à recourir à la publicité (notamment par l’affiche). Il est parmi les premiers à se protéger de la contrefaçon (en utilisant un logo). Il développe enfin une importante activité comme créateur de parfums, depuis Amour-Amour, Que sais-je ? et Adieu sagesse (1925) jusqu’à Normandie (1935), dont le flacon reproduit la silhouette du paquebot, en passant par Joy (1930), dont le succès assurera une prospérité durable à la maison.
Après la mort de Jean Patou, son beau-frère, Raymond Barbas assure la direction de l’entreprise jusqu’en 1983, avant de la céder à un autre membre de la famille, Jean de Moüy. Poursuivant la création de parfums (Sublime, 1992), les successeurs de Jean Patou ont su s’entourer, pour la couture, de collaborateurs de talent, comme Marc Bohan, Angelo Tarlazzi, un temps assisté par Jean-Paul Gaultier, ou encore Christian Lacroix.