| Worth, Charles Frédéric | Format lecture | ||||
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| 2. | Des débuts prometteurs |
Né à Bourne (Lincolnshire), Charles Frederick Worth (qui francisera ultérieurement son prénom en Charles Frédéric) fait son apprentissage à Londres, dans de grands magasins de nouveautés, fournisseurs de l’aristocratie britannique. Venu à Paris en 1845, il entre comme premier commis chez Gagelin, rue Richelieu, dont il devient l’associé au bout de quelques années (cette maison a reçu en commande une partie du trousseau de l’impératrice Eugénie, lors de son mariage avec Napoléon III).
Cherchant à accroître son indépendance, Worth s’associe au Suédois Gustave Bobergh pour l’ouverture en 1858 de sa propre maison dans une rue nouvellement percée, 7, rue de la Paix, maison qui deviendra le lieu de rendez-vous des élégantes parisiennes. Après des débuts difficiles, Worth s’attire la clientèle de l’épouse de l’ambassadeur d’Autriche, la princesse de Metternich, qui le présente à l’impératrice Eugénie. Cette dernière, séduite, en fait son couturier attitré.
Spécialisé dans les robes de bal, il est à l’origine du renouveau de la soierie lyonnaise et puise dans un registre très vaste de motifs de dentelle et de broderie. Il profite d’innovations techniques comme l’apparition de la dentelle mécanique ou celle des colorants industriels, qui lui permettent de proposer des coloris inédits.
La contribution majeure de Worth à la couture ne réside pas dans une conception révolutionnaire du vêtement féminin, mais plutôt dans un remarquable sens du commerce, qui lui permet de transformer la couture en une industrie de luxe. Il est le premier, en effet, à comprendre qu’il est essentiel de vendre ses modèles bien au-dessus de leur prix de revient, tout en favorisant une mode ostentatoire et luxueuse qui correspond bien aux aspirations de sa clientèle. Il reçoit sa clientèle dans de vastes salons à l’allure de salles de bal, où il montre ses modèles et présente ses collections saisonnières sur de vrais mannequins.