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| 4. | La techno dans les années 1990 : du rejet à l’assimilation médiatique |
La fin des années 1980 est marquée par l’apparition des raves : grâce à ces fêtes éphémères (hangars désaffectés, châteaux ou espaces en plein air sont investis le temps d’une soirée), la techno fidélise un public, réduit dans un premier temps, avide de sensations fortes et « consommateur » d’une musique et d’une atmosphère parfois proches de la transe. Souvent clandestins et illégaux, ces rassemblements attirent l’attention des pouvoirs publics, qui redoutent les excès et les débordements qui y sont parfois associés (volume sonore à la limite du supportable, consommation de drogues, etc.). Interdites, les raves ne disparaissent pas pour autant et attirent même toujours plus d’amateurs de musique électronique, prêts à danser parfois pendant près de douze heures sans interruption.
Malgré ce climat défavorable (les médias s’étant emparés du phénomène des raves, privilégiant ses aspects les plus extrêmes, le grand public est méfiant à l’égard de cette nouvelle tendance), les adeptes de la techno n’abdiquent pas et profitent de cette période pour constituer un véritable circuit parallèle (réseau indépendant de production et distribution de disques, organisation de concerts secrets, publications confinées à l’anonymat), socle sur lequel se construit l’avènement de la techno.
La fin des années 1990, notamment depuis 1997, est marquée par un changement de position radical de la part des médias quant à la techno et aux « valeurs » qu’elle véhicule : la Love Parade de Berlin ou la Techno Parade de Paris acquièrent un statut « officiel » et incontournable, rassemblant parfois jusqu’à plusieurs centaines de milliers de personnes, l’album Homework de Daft Punk est encensé par la critique, Laurent Garnier devient une « icône » de la techno, le porte-parole de toute une génération, et certains artistes (The Prodigy, The Chemical Brothers ou encore Underworld) tentent d’associer rythmes techno et canevas musicaux de type rock, contribuant ainsi à rapprocher deux mondes qui, jusque-là, s’ignoraient délibérément. La techno appartient désormais au paysage musical, témoin d’une époque bouleversée par la technologie. Elle est, toutefois, atomisée en d’innombrables tendances — drum ‘n’ bass, jungle, ambient, trance (ou goa), electro-techno, hardcore-techno, trip-hop, electronica, breakbeat, garage techno, progressive house, etc. — et médiatisée à outrance, à tel point que certains artistes redoutent aujourd’hui une « assimilation » qui lui ferait oublier et perdre ses valeurs fondatrices.