techno
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2. Les racines de la techno
1. Les pionniers de la musique électronique

Après l’invention d’un appareil permettant de moduler le son (ancêtre du synthétiseur) en 1917 par le Russe Leon Theremin, la musique électronique (nommée par la suite musique électroacoustique) a connu ses principaux développements (depuis les premières expérimentations de Varese) à partir des années 1950 : Karlheinz Stockhausen, Luciano Berio, John Cage, Ivo Malec, Pierre Schaeffer ou Pierre Henry, ont ainsi contribué, par leurs divers traitements et manipulations des « objets sonores », à la naissance d’un courant, en marge de la culture musicale dominante (qu’elle soit classique, rock ou jazz), fondé sur la déconstruction des modèles existants et sur l’élaboration d’un nouveau langage où un mot tel que « chanson », par exemple, est dépossédé de sa signification traditionnelle.

À la fin des années 1960, bénéficiant de l’apport de ces pionniers, le groupe allemand Kraftwerk entreprend de révolutionner l’utilisation de l’électronique, en vue d’une musique qui ne serait désormais plus réservée à un cercle restreint de « bricoleurs » sonores, et permettrait d’associer innovations et rythmes dansants et « accessibles ». Leur album Trans-Europ Express, paru en pleine explosion punk, en 1977, et réalisé dans leur propre studio (jusque-là, les artistes ne disposaient que très rarement d’infrastructures personnelles), est aujourd’hui unanimement considéré comme l’une des œuvres fondatrices de la techno. Parallèlement aux efforts de Kraftwerk pour mener le rock vers de nouveaux horizons, des formations telles que Can ou Tangerine Dream, également originaires d’Allemagne et regroupées au sein du krautrock (voir rock), s’aventurent, quant à elles, dans la musique répétitive et préfigurent la techno dite ambient (dont Brian Eno est également l’un des « pères ») et la techno trance.

2. Le disco et les disc-jockeys américains

Outre-Atlantique, la musique soul, dont James Brown est l’une des figures majeures, s’enrichit au milieu des années 1970 de sections de cordes et de luxuriants arrangements portés par une section rythmique (basse et batterie) implacable ; le Philly Sound (ou « son de Philadelphie ») pose les bases du disco. Les disc-jockeys s’emparent de ce nouveau courant musical, essentiellement joué et écouté en discothèque. Frankie Knuckles, notamment, est l’un des premiers, dans son club de Chicago, le House (nom prémonitoire), à aborder dès 1975 cette musique sous un angle « technologique » : utilisant des boîtes à rythmes (batteries électroniques), il accentue les traits caractéristiques du disco (beat irrésistible soutenu par des lignes de basse omniprésentes) et apporte une fraîcheur nouvelle à des compositions devenues de véritables « machines à danser ». Profitant d’une technologie constamment améliorée et financièrement accessible, des dizaines de DJ à travers les États-Unis (Chicago et New York en tête) renouvellent le disco et démontrent que la musique est désormais à la portée de tous.