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3. 1988-1990 : les premières années de la techno
1. La house music, « ancêtre » de la techno

Exclusivement musique de discothèque dans un premier temps, la house music est rapidement « récupérée » par les maisons de disques qui permettent son développement et son exportation vers l’Europe dans le milieu des années 1980. Quelques années auparavant toutefois, des formations anglaises estampillées new wave « romantique » (telles que Depeche Mode, The Human League ou New Order, dont la chanson « Blue Monday » (1983), constituée de boucles rythmiques et de nappes de synthétiseurs sur lesquelles se greffent quelques notes de guitare, est pour beaucoup le tube qui a tout déclenché) ont déjà tenté de concilier électronique et structures rock traditionnelles. Le succès sans précédent que connaît l’acid house (tendance house fondée sur des sonorités aiguës) était donc en partie prévisible ; il dépasse cependant toute mesure et se révèle un véritable raz-de-marée commercial et populaire, comme en témoigne la réussite de morceaux tels que « Pump Up the Volume » (réalisé par A. R. Kane) ou « S’Express » du groupe éponyme. La house music fait désormais partie intégrante du paysage musical, et la techno va s’engouffrer dans cette brèche ouverte parallèlement aux États-Unis et en Angleterre par des artistes refusant l’hégémonie du rock.

2. Detroit et Manchester, premières villes techno

1988 est une année charnière dans l’histoire de la techno : à Detroit, une nouvelle musique est en train de voir le jour. Directement issue de la house, se concentrant sur l’aspect rythmique des compositions tout en l’habillant d’une puissante texture sonore, elle est sortie des platines de Juan Atkins, de Kevin Saunderson ou de Derrick May notamment, figures désormais légendaires. Dans le même temps, l’Angleterre connaît le Summer of Love (« été de l’amour »), consécration pour une musique électronique jusque-là confinée dans quelques boîtes de nuit telles que l’Hacienda de Manchester, où officie Laurent Garnier, DJ français dont la contribution au développement de la techno dans l’Hexagone s’est, par la suite, avérée déterminante.