| Kraftwerk | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 2. | Entre avant-garde et reconnaissance populaire |
Kraftwerk naît de la rencontre en 1969 de deux étudiants du conservatoire de musique classique de Düsseldorf, Ralf Hütter et Florian Schneider, qui adoptent définitivement ce nom en 1970 après avoir enregistré l’album Tone Float (1969) sous le nom d’Organisation. Après le diptyque Kraftwerk 1 (1971) / Kraftwerk 2 (1972) et Ralf & Florian (1973), le duo expérimental connaît le succès avec l’album Autobahn (1974), dernière production à recourir à des instruments acoustiques, enregistrée avec l’aide du violoniste et guitariste Klaus Roeder et du percussionniste Wolfgang Fur. Le disque triomphe aux États-Unis, ce qui incitera par la suite le groupe à publier ses albums suivants à la fois en version allemande et anglaise.
La musique de Kraftwerk, reposant sur d’excellentes compositions, revendique un son caractérisé par une froideur « industrielle » et l’utilisation de séquences répétitives utilisées comme structures rythmiques — affirmation, au dire du groupe, de la « structure mécanique de la langue allemande ».
À rebours de l’utopie hippie, Kraftwerk puise son inspiration dans les grands mythes de la société moderne : l’électricité, l’autoroute (Autobahn en allemand), les voyages en train (Trans-Europ Express, 1977), la fascination pour le progrès, la technologie et l’atome (Radio-Aktivitat, 1975). Avec un détachement robotique caractérisé par la coupe de cheveux courts, des costumes stricts et des attitudes hiératiques, le groupe cultive la communion réussie de l’homme et de la machine — The Man Machine (1978) proclame ainsi dès son ouverture We’re the Robots / We’re functionning automatic (littéralement « nous sommes des robots / nous fonctionnons automatiquement ») — et l’absence d’émotions.