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Petit Journal, le
1. Présentation

Petit Journal, le, quotidien parisien (1863-1944).

Héritier de la vogue des quotidiens à 5 centimes lancés sur le modèle à succès de la Presse (1836), le Petit Journal est fondé par Moïse Millaud en 1863.

2. Le premier des « Quatre Grands »

Dès 1869, le Petit Journal passe la barre symbolique des 500 000 exemplaires quotidiens grâce à l’affaire Troppmann autour de laquelle il organise une « formidable orchestration de l’indignation populaire » (Jean-Noël Jeanneney, 1996). Mais il construit surtout son succès dans les années 1880, prenant la tête des quotidiens populaires d’information, les « Quatre Grands » de l’époque (le Matin, le Journal et le Petit Parisien), et dépassant la barre du million en 1891.

Toutefois ni les recettes habituelles de cette presse (information, reportage, brèves, faits divers, jeux, romans en feuilletons…) ni son avant-gardisme en matière d’impression couleur (1889), ne suffisent à contrecarrer les effets déstabilisateurs de l’antidreyfusisme trop ostensible de son rédacteur en chef d’alors, Ernest Judet.

Certes, le Petit Journal bénéficie d’une spécificité par rapport aux autres : son ancrage est à 80 p. 100 provincial avant-guerre, ce qui le protège des réactions plus intempestives du public parisien.

3. Fatales compromissions

L’ancrage à droite du journal détermine après-guerre une baisse continue de ses tirages. Dans le climat de concurrence accrue par la naissance de nouveaux titres (Paris-Soir) et de politisation des années trente, il passe sous la coupe du colonel de La Rocque et des Croix-de-Feu, devenant l’organe du Parti social français (1937). Fragilisé depuis 1914-1918, il s’effondre et n’occupe plus en 1939 que le neuvième rang des quotidiens (178 000 exemplaires).

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Petit Journal choisit de ne pas se saborder. Sans tomber dans le marais de la collaboration, il poursuit une carrière difficile jusqu’en 1944, année où il disparaît.