Format recherche Matin, le

Pour rechercher un mot ou une expression dans cet article, sélectionnez dans votre navigateur Internet l'option qui vous permet de faire des recherches dans une page. Dans Internet Explorer, cette option se trouve sous le menu Edition.

Étant donné que la recherche s'effectue exactement sur le mot ou l'expression que vous avez tapés, essayez, si la recherche n'aboutit pas, de vérifier l'orthographe du mot tapé ou de trouver un autre mot clé pour le sujet concerné.

Matin, le
1. Présentation

Matin, le, journal quotidien parisien (1884-1944).

Fondé en 1884 par Alfred Edwards, le Matin, qui se vante aussitôt d’être le journal « le mieux informé du monde », rejoint rapidement le groupe des grands quotidiens à 5 centimes qui dominent alors le marché (le Journal, le Petit Journal, le Petit Parisien et le Matin détiennent plus de 73 p. 100 du marché quotidien en 1912).

2. Concision et modération

En 1914, le titre, racheté par Maurice Bunau-Varilla, s’enorgueillit de tirer à plus de 900 000 exemplaires. La pérennité de cette réussite est assurée par le professionnalisme des 150 rédacteurs qui, sous la surveillance de Bunau-Varilla, usent avec profit des dépêches (le Matin publie beaucoup de brèves et de dépêches brutes) et de l’art du reportage (en 1903, Gaston Leroux suit l’aventure d’Otto Nordenskjöld en Antarctique). Le succès de ce titre prisé par la petite bourgeoisie est aussi politique : Bunau-Varilla en préserve l’indépendance, évitant ainsi les conséquences néfastes d’engagements trop radicaux et privilégiant avant tout le principe d’un organe d’information à grand tirage.

3. Reflux et compromission

Après-guerre et au cours des années trente, les cinq « Grands » (l’Écho de Paris s’est joint aux quatre premiers), voient leur monopole entamé (avec l’arrivée de Paris-Soir notamment). Leur lectorat s’étiole. Le Matin résiste bien, mais son antiparlementarisme, son anticommunisme et son ancrage auprès de l’extrême droite entraînent finalement de larges coupes claires dans son audience : en 1939, il ne tire plus qu’à 312 000 exemplaires.

À partir de 1940, pris dans les serres de l’occupant, les journaux subissent l’inflexible joug de la Propaganda Abteilung. Le Matin, qui ne se saborde pas et reparaît dès juin 1940, se fourvoie dans le marais de la collaboration. Cette persévérance à paraître est immolée sur l’autel de la Libération, après laquelle les journaux suspects d’avoir maintenu leur existence durant tout le conflit, voient leurs biens séquestrés et dévolus à de nouveaux titres.