| Format recherche | Le Gray, Gustave | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Le Gray, Gustave (1820-1884), photographe et peintre français.
Photographe du XIXe siècle, Gustave Le Gray est reconnu pour la qualité exceptionnelle de ses tirages photographiques et pour ses conceptions artistiques novatrices pour l’époque.
| 2. | Un artiste doublé d’un savant |
Né à Villiers-le-Bel (dans l’actuel Val-d’Oise), Jean-Baptiste Gustave Le Gray étudie la peinture dans le cours de Paul Delaroche à l’École des beaux-arts de Paris, aux côtés d’Henri Le Secq et de Charles Nègre. En 1843, il s’installe à Rome — dans l’entourage de son maître qui a élu domicile en Italie. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Palmira Leonardi qu’il épouse l’année suivante. Le jeune peintre commence sa carrière en exposant aux Salons parisiens de 1848 et 1853.
Gustave Le Gray aborde pour la première fois la photographie en 1847 en aidant François Arago à réaliser des daguerréotypes des taches noires du soleil. L’année suivante, il ouvre un studio à Paris, côtoie Roger Fenton et ses amis Henri Le Secq et Charles Nègre, et forme à la photographie nombre de futurs artistes, notamment Maxime Du Camp. Passionné par la chimie, il met au point le négatif sur verre au collodion (1850) et le négatif sur papier ciré sec (1851). En 1851, alors que 18 de ses épreuves sont présentes à l’Exposition universelle de Londres, il photographie pour la Commission des monuments historiques les monuments de Touraine et d’Aquitaine. À la même époque, il contribue à fonder la Société héliographique (1851) et la Société française de photographie (SFP, 1854), dont il est secrétaire de 1858 à 1861.
| 3. | Un succès retentissant |
En 1855, année de « l’Expo » parisienne (où plusieurs de ses tirages sont présentés), Gustave Le Gray s’installe dans un luxueux atelier du boulevard des Capucines. L’aristocratie et le monde politique y défilent pour se faire tirer le portrait par le nouvel artiste en vogue. Pour l’empereur Napoléon III, il fixe les images de l’inauguration du camp militaire de Châlons-sur-Marne (1856) et de la flotte impériale à Dieppe. Son œuvre revêt un aspect plus personnel avec des nus, des vues de Fontainebleau et de Paris. Ses marines, prises sur les côtes de Bretagne, Normandie, Méditerranée, connaissent un succès retentissant en France comme en Angleterre. Mais des problèmes financiers l’obligent à abandonner son atelier.
| 4. | La fuite en Égypte |
En 1860, Gustave Le Gray quitte brusquement la France, sa famille et ses associés. Alexandre Dumas — qu’il a photographié l’année précédente — l’embarque en Méditerranée sur sa goélette l’Emma. Il photographie ruines et barricades à Palerme, en pleine insurrection garibaldienne. Débarqué à Malte par l’écrivain, il poursuit seul son voyage vers Beyrouth et Baalbek. En 1861, il est à Alexandrie où il photographie les voyageurs de marque. Au Caire, à partir de juillet 1864, il reçoit des commandes du vice-roi et exerce le métier de professeur de dessin à l’École militaire. Son envoi de tirages à l’Exposition universelle de 1867, dernière trace de son activité, est présenté dans la section « Égypte ». Il meurt au Caire le 29 juillet.
| 5. | Un retour en grâce |
Nourries de références picturales, ses photographies éblouissent par leur maîtrise technique, leur équilibre, la finesse du détail et leur richesse chromatique. Redécouvert par les spécialistes depuis une trentaine d’années, il est longtemps resté ignoré du grand public, jusqu’à la vente, en 1999, de la collection Jammes, où sa marine Grande Lame (1857) a atteint une enchère record. La Bibliothèque nationale de France lui a consacré une grande rétrospective en 2002.