| Format recherche | Magicien d’Oz, le [Victor Fleming] | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Magicien d’Oz, le [Victor Fleming] (The Wizard of Oz), film américain en couleurs de Victor Fleming, réalisé en 1939.
| 2. | Voyage au cœur de l’illusion |
Dans la ferme du Kansas où elle vit avec son oncle et sa tante, Dorothy Gale (Judy Garland) est bien triste : la terrible mademoiselle Gulch (Margaret Hamilton) lui a pris son chien Toto, qui avait piétiné son jardin. Heureusement, Toto parvient à s’enfuir et rejoint Dorothy. Ensemble, ils se rendent chez le professeur Marvel (Frank Morgan).
Pendant un ouragan, Dorothy est assommée et, dans son rêve, sa maison se transporte dans le pays d’Oz, univers enchanté, joyeux et coloré habité par les nains Munchkins, terrorisés par une méchante sorcière (également incarnée par Margaret Hamilton) et sur lesquels règne un magicien (Frank Morgan). Aidée par une bonne fée, Dorothy part à la recherche du magicien d’Oz, qui seul peut lui permettre de rentrer chez elle. En chemin, elle fait des rencontres fantastiques : l’Épouvantail sans cervelle (The Scarecrow, Ray Bolger), l’Homme en fer blanc (The Tin Woodsman, Jack Haley) dépourvu de cœur et le Lion peureux (The Cowardly Lion, Bert Lahr). Tous suivent la route de briques jaunes qui les conduit au palais du magicien. Après bien des péripéties, semées sur leur chemin par la Sorcière de l’Ouest (The Wicked Witch of the West), ils parviennent au Palais d’émeraude (Emerald City) et sont reçus par le magicien, qui s’avère être un charlatan. Dorothy et ses amis détruisent la Sorcière de l’Ouest et apprennent la formule magique « There’s no place like home » (« il n’y a pas de meilleur endroit que chez soi ») qui, répétée à trois reprises, leur permet de regagner la ferme familiale.
| 3. | Un triomphe populaire, un film intemporel |
| 1. | Le Magicien d’Oz ou l’âge d’or des studios hollywoodiens |
Produit par Arthur Freed et Mervyn LeRoy pour la Metro Goldwyn Mayer (MGM) la même année qu’Autant en emporte le vent, le Magicien d’Oz est emblématique du fonctionnement des studios hollywoodiens — et de leurs excès — durant leur âge d’or. Bénéficiant de moyens considérables (65 décors, 4 000 costumes, 1 000 interprètes, plus de 4 mois de tournage et un budget colossal), la production du film se révèle d’une extrême complexité : les réalisateurs se succèdent (Richard Thorpe, puis George Cukor et Victor Fleming, qui quittent successivement le tournage pour celui d’Autant en emporte le vent, et King Vidor), tandis qu’à l’issue d’un casting hésitant, certains des comédiens pressentis sont remplacés après avoir tourné quelques scènes.
Adapté par trois auteurs et de nombreux rédacteurs, le scénario du Magicien d’Oz présente des différences significatives avec l’œuvre originale de L. Frank Baum, ici expurgée de tous ses épisodes violents ou inquiétants. En outre, l’histoire du pays d’Oz, réelle dans le récit original, devient un rêve ; la transition de la réalité au songe est techniquement assurée par le passage du sépia au Technicolor. De plus, si le livret du Magicien d’Oz s’avère bridé par les conventions morales propres au cinéma pour jeune public d’avant-guerre et sa chorégraphie peu audacieuse, l’innovation de cette comédie musicale se situe en revanche dans ses effets spéciaux, parfaitement maîtrisés malgré les difficultés techniques liées au Technicolor.
| 2. | Où le cinéma rencontre l’imaginaire collectif |
Malgré ces contraintes, le Magicien d’Oz est à sa sortie un immense succès public et financier ; le film devient ensuite un « monument » de la culture populaire américaine. L’alchimie de ce conte mêlant humour et fantastique séduit en effet le public, toujours intrigué et fasciné par le monde magique qui se cache « quelque part, derrière l’arc-en-ciel » ; l’influence du récit pour enfants Alice au pays des merveilles (1865) de Lewis Carroll est d’ailleurs significative sur les aventures vécues par Dorothy « derrière le miroir ».
Le Magicien d’Oz marque par ailleurs les débuts à l’écran de Judy Garland (préférée in extremis à Shirley Temple, faute d’un accord avec la 20th Century Fox), récompensée par un oscar « spécial » pour sa composition dans le rôle de Dorothy, et qui reste à jamais l’inoubliable interprète de la chanson « Over the Rainbow » (oscar de la meilleure chanson).