| Magicien d’Oz, le [Victor Fleming] | Format lecture | ||||
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| 3. | Un triomphe populaire, un film intemporel |
| 1. | Le Magicien d’Oz ou l’âge d’or des studios hollywoodiens |
Produit par Arthur Freed et Mervyn LeRoy pour la Metro Goldwyn Mayer (MGM) la même année qu’Autant en emporte le vent, le Magicien d’Oz est emblématique du fonctionnement des studios hollywoodiens — et de leurs excès — durant leur âge d’or. Bénéficiant de moyens considérables (65 décors, 4 000 costumes, 1 000 interprètes, plus de 4 mois de tournage et un budget colossal), la production du film se révèle d’une extrême complexité : les réalisateurs se succèdent (Richard Thorpe, puis George Cukor et Victor Fleming, qui quittent successivement le tournage pour celui d’Autant en emporte le vent, et King Vidor), tandis qu’à l’issue d’un casting hésitant, certains des comédiens pressentis sont remplacés après avoir tourné quelques scènes.
Adapté par trois auteurs et de nombreux rédacteurs, le scénario du Magicien d’Oz présente des différences significatives avec l’œuvre originale de L. Frank Baum, ici expurgée de tous ses épisodes violents ou inquiétants. En outre, l’histoire du pays d’Oz, réelle dans le récit original, devient un rêve ; la transition de la réalité au songe est techniquement assurée par le passage du sépia au Technicolor. De plus, si le livret du Magicien d’Oz s’avère bridé par les conventions morales propres au cinéma pour jeune public d’avant-guerre et sa chorégraphie peu audacieuse, l’innovation de cette comédie musicale se situe en revanche dans ses effets spéciaux, parfaitement maîtrisés malgré les difficultés techniques liées au Technicolor.
| 2. | Où le cinéma rencontre l’imaginaire collectif |
Malgré ces contraintes, le Magicien d’Oz est à sa sortie un immense succès public et financier ; le film devient ensuite un « monument » de la culture populaire américaine. L’alchimie de ce conte mêlant humour et fantastique séduit en effet le public, toujours intrigué et fasciné par le monde magique qui se cache « quelque part, derrière l’arc-en-ciel » ; l’influence du récit pour enfants Alice au pays des merveilles (1865) de Lewis Carroll est d’ailleurs significative sur les aventures vécues par Dorothy « derrière le miroir ».
Le Magicien d’Oz marque par ailleurs les débuts à l’écran de Judy Garland (préférée in extremis à Shirley Temple, faute d’un accord avec la 20th Century Fox), récompensée par un oscar « spécial » pour sa composition dans le rôle de Dorothy, et qui reste à jamais l’inoubliable interprète de la chanson « Over the Rainbow » (oscar de la meilleure chanson).