| Manet, Eduardo | Format lecture | ||||
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| 4. | Un romancier de l’exil |
Parallèlement à son œuvre de dramaturge, Eduardo Manet est aussi un important romancier dont les œuvres ont souvent été primées. Ainsi la Mauresque reçoit en 1982 le prix Bertrand de Jouvencel de l’Académie française et, en 1992, c’est l’Île du lézard vert qui obtient le prix Goncourt des lycéens.
De Habanera (1992) à Maestro (2002) en passant par Rhapsodie cubaine (Prix interallié, 1996) et D’amour et d’exil (Prix H, 1999), les romans d’Eduardo Manet sont tous empreints des blessures et de la nostalgie que constitue l’exil, et livrent des fragments d’une autobiographie sur le mode de l’imaginaire (notamment la Sagesse du singe en 2001 et Mes années Cuba en 2004). Si ses romans évoquent la culpabilité ressentie par chaque exilé, on y découvre surtout, à travers des temps et des narrations qui s’enchevêtrent, une quête sans répit d’un équilibre possible entre une mémoire omniprésente et une aspiration à une autre existence. Son œuvre romanesque compose une passerelle entre des racines cubaines éternellement explorées et une vie en exil toujours à redéfinir. Délaissant ce registre semi-autobiographique, Eduardo Manet livre avec Ma vie de Jésus (2005) un récit étonnant et drôle de la vie du Christ, tandis que la Conquistadora (2006) met en scène la figure légendaire d’une nonne-soldate au xviie siècle.